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Manipulation de notes: le ministre Proulx rappelle à l’ordre des commissions scolaires

Celles qui gonflent automatiquement les notes des élèves en échec contreviennent à la loi, selon le ministre

Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx
Photo d'archives Simon Clark Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx

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Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, rappelle à l’ordre les commissions scolaires qui accordent automatiquement la note de passage à des élèves qui obtiennent 58 % ou 59 % en fin d’année.

Le Journal rapportait mercredi que plusieurs commissions scolaires accordent automatiquement la note de passage aux élèves du secondaire qui obtiennent 58 % ou 59 % en fin d’année scolaire, comme le fait le ministère de l’Éducation pour les épreuves ministérielles.

Or le ministre Proulx a envoyé à la fin mai une directive au réseau scolaire afin de mettre fin à des pratiques de manipulation de notes qui ont défrayé la manchette ce printemps.

À la lumière des informations rapportées dans nos pages, le ministre Proulx a affirmé hier que ces commissions scolaires contreviennent à sa directive, qui rappelle les règles en vigueur. La loi sur l’instruction publique prévoit que les modalités d’évaluation doivent être déterminées par chaque école, en collaboration avec les enseignants.

«Est-ce que quelqu’un qui a un traitement automatique d’un passage de 58 % et 59 % à 60 % est en accord avec la loi telle que moi je l’interprète? La réponse, c’est non», a-t-il affirmé lors d’un entretien avec Le Journal.

Le ministre Proulx s’attend à ce que les commissions scolaires concernées «se questionnent» sur leur politique d’évaluation au cours des prochains mois. «L’an prochain, on devra prendre acte de la directive et de l’application stricte de la loi», a-t-il ajouté, tout en demeurant évasif sur les recours à prendre contre d’éventuelles commissions scolaires récalcitrantes.

Un «traitement statistique» qui est là pour rester

Le ministre Proulx a par ailleurs défendu à nouveau le «traitement statistique» fait par son ministère qui accorde automatiquement la note de passage à des élèves qui obtiennent 58 % ou 59 % lors d’épreuves ministérielles.

Cette pratique est totalement justifiée puisqu’elle assure un traitement équitable entre tous les élèves qui sont soumis aux mêmes examens corrigés par des centaines d’enseignants différents, explique le ministre Proulx.

Ce dernier ne croit toutefois pas que la même logique doit s’appliquer dans les commissions scolaires, qui justifient leur pratique en s’appuyant sur celles du ministère. «À plus petite échelle, à mon avis, le même argument ne peut pas tenir», a lancé le ministre Proulx.

Incohérence

La Coalition avenir Québec (CAQ) n’est toutefois pas du même avis. «En donnant une consigne aux commissions scolaires tout en gardant lui-même sa consigne de gonfler les notes (pour les épreuves ministérielles), le ministre a fait preuve d’une grande incohérence. L’exemple de tripotage de notes vient d’en haut», affirme le député caquiste Jean-François Roberge.

Au Parti québécois (PQ), le leader parlementaire Pascal Bérubé déplore que «rien ne soit réglé» malgré la directive émise à la fin mai.

La CAQ et le PQ réclament toujours, tout comme la Fédération autonome de l’enseignement et la Fédération des syndicats de l'enseignement, une commission parlementaire pour faire la lumière sur la manipulation des notes dans le réseau scolaire.