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À la poursuite de son ambition

Rocket de Laval
Photo Pierre-Paul Poulin En acceptant de diriger le Rocket de Laval, Sylvain Lefebvre s’est rapproché de ses enfants et petits-enfants.

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Sylvain Lefebvre ne fait pas partie des hommes de hockey du Canadien qui ont obtenu une promotion, hier. Mais il a toujours son poste d’entraîneur en chef du club-école de l’organisation.

De plus, il aura la chance de travailler dans un environnement naturel la saison prochaine à Laval. Il s’est toutefois accordé une période de réflexion avant de signer le contrat de deux ans que Marc Bergevin lui a présenté à la fin de la dernière campagne. Il avait des choses à penser.

À commencer au plan personnel.

La dernière année a été éprouvante à ce chapitre. Son épouse Marie-Claire a connu des ennuis de santé. La famille a eu la frousse, mais tout est heureusement rentré dans l’ordre.

Tout le monde est soulagé et ravi.

Côté professionnel, Bergevin a fait appel à Claude Julien pour succéder à Michel Therrien derrière le banc du grand club. Si Lefebvre a mal encaissé le coup, il s’est gardé de faire des vagues.

Ce n’est pas son genre de toute façon. Il est un bon homme d’entreprise. Il est loyal envers les gens qui l’entourent.

Important de faire le point

Mais ça ne l’empêche pas d’avoir des ambitions comme tout le monde.

«Je mentirais si je disais que je ne veux pas être entraîneur dans la Ligue nationale un jour», dit-il avec franchise.

« C’est dans cette optique que j’ai pris le temps après la saison de procéder à une introspection. Je me suis demandé quel est le meilleur chemin à suivre. J’aurais pu retourner dans la Ligue nationale comme entraîneur adjoint (il l’a été trois ans avec l’Avalanche du Colorado)».

«La question n’était pas que je voulais quitter l’organisation du Canadien et que je n’étais pas intéressé par le club-école à Laval. Je me suis interrogé à savoir quelle avenue était la meilleure pour moi».

«J’ai bien pesé les choses. Je me suis investi durant cinq ans avec la filiale du Canadien et je ne voulais pas repousser ça du revers de la main».

«C’était important d’évaluer tout ça. J’ai pris ma décision assez rapidement. Mon plan a toujours été d’aller à Laval. Je serai proche de mes enfants et de mes petits-enfants et nous serons à deux heures de route de la maison (son épouse et lui possèdent leur résidence principale en Estrie.)»

Composer avec les exigences de Montréal

Lefebvre continuera donc à jouer au père avec les espoirs du Canadien.

C’est ainsi qu’il voit son rôle.

Car en plus de guider les jeunes sur la glace, il doit les aider à se familiariser avec les tâches de la vie quotidienne avec ses adjoints Donald Dufresne, Nick Carrière et Marco Marciano.

Les joueurs vivront d’ailleurs quelque chose de nouveau la saison prochaine en jouant dans un grand centre. Ce sera la première fois en près de 50 ans que le Canadien aura son club-école dans sa cour. Les Voyageurs de Montréal avaient évolué au Forum de 1969 à 1971 avant d’être déménagés à Halifax, en Nouvelle-Écosse.

Or, qui dit grande ville, pense distractions.

Mais Lefebvre n’y voit pas un gros risque.

«Ce sera une bonne chose», estime-t-il au contraire.

«Que la ville soit grande, que la ville soit petite, on réussit pas mal à connaître les allées et venues de nos joueurs. Surtout de nos jours. En jouant à Laval, ils vont comprendre ce que c’est de jouer dans la région de Montréal. On leur en a d’ailleurs parlé cette semaine au camp de développement.

«Ils vont s’apercevoir que les gens sont des passionnés de hockey et que c’est une religion pour eux. Sans dire que ce sera un élément de pression additionnel, les joueurs doivent montrer l’exemple aux jeunes partisans qui les suivent.

«À cet égard, on veut s’impliquer dans la communauté. On veut visiter les écoles. On aura plus de temps pour le faire que le Canadien puisque nos matchs ont surtout lieu les fins de semaine.»

Fucale sera chez lui

Lefebvre croit aussi que le fait de jouer à Laval sera profitable pour le gardien Zachary Fucale, qui a grandi à Rosemère.

«Je suis certain qu’il va être excité de jouer chez lui», continue-t-il.

« Il a traversé une période difficile la saison dernière, mais il en est sorti gagnant. C’est un bon kid. Il est animé d’une belle attitude. Il doit améliorer des aspects techniques de son jeu, mais on a toujours confiance en lui. Son poste est à lui. C’est à lui de ne pas le perdre.»

Choix de deuxième ronde en 2013, Fucale a été devancé par Charles Lindgren que le Canadien a embauché à titre de joueur autonome à sa sortie de l’Université Saint Cloud, en 2016.

« Lindgren a connu toute une saison l’hiver dernier, il est doté d’un grand talent», l’encense Lefebvre.

« On ne l’aura pas longtemps avec nous.»

Le moment est venu pour Hudon

Et Charles Hudon ?

« Je me rappelle de lui à son arrivée, il a gagné beaucoup en maturité depuis ce temps, enchaîne Lefebvre.

« Il joue avec confiance. Il est doté d’un bon sens du jeu et d’anticipation. C’est un poison autour de filet. Il veut la rondelle dans les moments importants. Il est facile à diriger. Je n’ai vraiment pas de problème avec lui.

« Autant j’aimerais continuer à le diriger, autant je lui souhaite de jouer dans la Ligue nationale la saison prochaine. Le moment est venu pour lui. »