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Des proprios de Volkswagen sont laissés dans le néant

Plusieurs Québécois se plaignent de n’avoir aucune nouvelle de leur dossier

Scandale VW - Sean Rickerd
Photo Ben Pelosse Le Montréalais Sean Rickerd n’a aucune idée de l’étape où en est son dossier de réclamation chez Ricepoint pour rendre sa VW alors qu’il paie déjà une autre automobile.

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Des propriétaires de Volkswagen ignorent quand ils auront l’argent promis ou quand ils pourront retourner leur voiture à la suite du scandale des moteurs truqués.

« On n’a pas d’échéancier, on n’a aucun suivi de dossier, on ne sait pas à quoi s’en tenir. Il n’y a jamais personne de responsable de rien », laisse tomber François Farly, qui attend depuis le début de mai qu’on traite sa demande pour sa Jetta 2013.

Le résident de Nicolet n’est vraiment pas le seul à se plaindre de la façon dont la compagnie Ricepoint traite les réclamations au Canada.

Sean Rickerd, de Montréal, attend toujours son offre alors qu’il a déposé sa demande le 28 avril dernier, le jour même de l’ouverture du dépôt des demandes.

710 $ par mois

Deux semaines après avoir déposé ses papiers, l’homme de 35 ans a dû soumettre de nouveau ses papiers d’immatriculation puisque Ricepoint ne voulait pas compléter son dossier avec des documents expirés. Par la suite, plus rien.

« J’appelle toutes les semaines, c’est toujours la même histoire. On me dit que ma demande est escaladée [accélérée], qu’on va me contacter d’ici 5 à 10 jours, mais j’attends encore », soupire M. Rickerd.

Mais pendant ce temps, le Montréalais continue de payer sa voiture à coups de 710 $ par mois, en plus du prêt pour sa nouvelle voiture.

« À la mi-mai, on m’a dit que tout devrait être réglé d’ici trois semaines, je suis donc allé me racheter une nouvelle voiture. Je ne pensais pas que ce serait si long », mentionne-t-il, alors qu’il a remisé sa VW dans son garage le temps que son dossier soit enfin réglé.

« Je suis très fâché. Je suis en train de me faire construire une maison, et j’aimerais bien utiliser l’argent de mon prêt-auto pour payer ça plutôt que de l’envoyer à Volkswagen », s’insurge-t-il.

« Stressant »

Doreen Perreault, qui roule 110 km par jour pour aller à son travail, craint que sa voiture perde de la valeur ou qu’elle soit obligée de faire des réparations coûteuses pour continuer de l’utiliser en attendant de la retourner chez Volkswagen.

« Je trouve ça vraiment stressant. On a peur d’avoir des problèmes de transmission, j’ai déjà un voyant allumé. Je me demande si elle tiendra jusqu’au bout. J’espère ne pas avoir à investir. Je dois renouveler les assurances bientôt. Vais-je payer des pénalités si je change au début du contrat ? » s’inquiète-t-elle.

Doreen Perreault a aussi déposé sa demande le premier jour, et n’a toujours aucune nouvelle malgré les multiples appels qu’elle a faits auprès de Ricepoint.

« Je ne comprends pas ce qui peut être si compliqué une fois que tous mes papiers sont en ordre. J’ai déjà fait un dépôt sur une autre Volkswagen, qui attend chez le concessionnaire. Ça va prendre combien de temps encore ? Je commence à me demander si je vais devoir m’acheter des pneus d’hiver », ironise-t-elle.


Volkswagen n’a pas répondu aux demandes du Journal.