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Le Québec résiste toujours à Netflix

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La semaine dernière, une très mauvaise nouvelle a jeté la consternation dans les milieux américains de la télévision et du cinéma. Pour la première fois depuis que Netflix a commencé à diffuser en flux continu sur internet, il est devenu le préféré des téléspectateurs des États-Unis.

En moins de 15 ans, Netflix a fidélisé plus de 50 millions de foyers américains, soit deux millions de plus que tous les abonnés du câble et du satellite. Même son fondateur, Reed Hastings, ne l’avait pas vu venir. En 2000, doutant de l’avenir de son bébé, Hastings l’avait même offert pour la modique somme de 50 millions $ US à Blockbuster, qui a refusé et... déposé son bilan depuis.

Ce n’est plus qu’une question de temps avant que le même renversement de situation se produise au Canada anglais.

Ils sont six millions

Netflix se montre discret, mais on estime qu’un peu plus de six millions de foyers canadiens y sont abonnés. Sans compter ceux qui « piratent » Netflix en utilisant l’adresse internet et le mot de passe d’un voisin ou d’un ami. Comme il y a 10 735 486 abonnés canadiens au câble et au satellite, Netflix a encore un bon bout de chemin à faire.

Encore plus au Québec qu’au Canada anglais. Le Québec constitue une véritable poche de résistance. La popularité du club Illico et de tou.tv y est pour beaucoup, sans parler du répertoire francophone de Netflix, beaucoup moins attrayant que son pendant anglophone.

Les téléspectateurs québécois eux-mêmes constituent le principal obstacle à Netflix. Leurs habitudes d’écoute changent à pas de tortue, ce qui n’est pas le cas chez les anglophones. En trois ans, l’écoute de la télévision traditionnelle chez les anglophones a diminué de deux heures par semaine, alors que chez les Francos, elle n’a pratiquement pas bougé.

L’indifférence des anglos

Ce qui ne change pas chez les Anglos, c’est leur indifférence à l’égard des émissions canadiennes. De janvier à avril, quand l’écoute de la télé est à son meilleur, c’est la soirée des trophées Juno qui obtient la plus grande cote d’écoute, avec 1 272 000 téléspectateurs. Un chiffre ridicule quand on sait que La voix en a rassemblé presque le double (2 337 000) pour un bassin de population quatre fois plus petit.

Notre passion pour les émissions québécoises constitue pour Netflix un obstacle presque insurmontable. Il n’y a que des émissions québécoises dans le « top 20 » du palmarès de notre télé, et aucune dans celui du palmarès anglophone.

Même anne n’a pas réussi

Même une série aussi bien réalisée qu’Anne n’a pas réussi à atteindre un million de téléspectateurs. Cette coproduction CBC/Netflix, qui sera présentée à ARTV en version française du 5 au 26 août, à 21 h le samedi, y fera peut-être presque autant d’écoute.

C’est en Alberta et en Colombie-Britannique que Netflix a le plus fort pourcentage d’abonnés et c’est au Québec qu’il en a le moins (environ 15 %). Sans surprise, Albertains et Britanno-colombiens sont aussi ceux qui regardent le moins les émissions canadiennes. Ils font exception seulement lorsque leurs équipes de hockey respectives sont à l’écran.

La résistance du Québec à Netflix durera aussi longtemps qu’on aura les moyens de produire de solides séries québécoises.

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