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De l’eau dans son vin

Marc Bergevin a tous les éléments en place pour tendre l’oreille.
Photo Agence QMI, Joël Lemay Marc Bergevin a tous les éléments en place pour tendre l’oreille.

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Marc Bergevin a gagné sur toute la ligne.

Il ne voulait pas accorder un contrat blindé à Alex Galchenyuk en raison des événements qui ont marqué la dernière saison.

Il voulait, dans le même processus, «acheter» la première année de l’autonomie de son jeune joueur.

Enfin, puisque Galchenyuk est un joueur imprévisible – ou encore, si vous préférez, un personnage imprévisible –, on ne voulait pas une association de plusieurs saisons.

Seul Galchenyuk sera en mesure de modifier l’équation et on peut être assurés que Bergevin n’hésitera pas à lui accorder un contrat correspond aux résultats.

Entre-temps, l’attaquant, avec une entente sans clause de non-échange ou clause de non-mouvement, devient une cible intéressante pour les autres directeurs généraux.

En d’autres mots, Marc Bergevin a tous les éléments en place pour tendre l’oreille.

Il ne pouvait souhaiter une meilleure situation ou encore une meilleure position pour discuter avec ses homologues. Et Galchenyuk avait laissé sur la surface de jeu de bien piètres arguments pour décrocher un contrat de longue durée auquel aurait pu être attachée une importante somme d’argent, bien que près de 15 millions $ aident à rencontrer les fins de mois, on s’entend.

Pas un centre

Maintenant qu’on a réglé un problème important, on dit à Galchenyuk : À toi, maintenant, d’entrer dans les rangs, à toi d’exprimer ton talent comme lors de la saison 2015-2016 et comme au début de la saison 2016-2017.

Mais le jeune homme aura besoin de l’aide des décideurs de l’organisation qui, trop souvent, semblent confus, pour ne pas dire totalement perdus, sur la façon de l’utiliser. Jouera-t-il au centre ou à l’aile?

Lors du bilan de la saison, Bergevin et Claude Julien ont claironné qu’il n’est pas un joueur de centre.

Alors, pourquoi l’avoir sélectionné, en 2012, comme joueur de centre? Peut-on l’expliquer?

Si Galchenyuk n’est pas un joueur de centre, alors peut-on dire qui sera le centre de la première ligne d’attaque?

J’écoute.

Stocks épuisés

Le problème, c’est qu’il n’y en a pas. Phillip Danault est un bon patineur, un athlète qui fournit un effort maximal à chacune de ses présences sur la patinoire. Il a fait des progrès remarquables tout au long de la dernière saison, mais peut-on lui demander de remplir ce rôle?

Sur le deuxième trio, peut-être. Mais il faut un joueur de centre de haut niveau au sein du premier trio.

Or, sur le marché des joueurs autonomes sans restriction, c’est fermé.

Bye, les stocks sont épuisés.

Il y a évidemment la situation de John Tavares avec les Islanders de New York qui n’est pas sans soulever les commentaires, et, surtout, les interrogations sur la stratégie du directeur général Garth Snow et des propriétaires. Comment se fait-il que l’excellent joueur de centre n’a toujours pas conclu un nouveau pacte de huit ans, comme l’ont fait Cary Price et Connor McDavid. Comme l’a fait Cam Fowler. Comme l’a fait Marc-Édouard Vlasic.

Interminable débat

Qu’est-ce qui cloche?

Les propriétaires sont-ils vraiment en cause dans les négociations? S’ils sont prêts à verser la somme de 80 millions $ pour huit ans à leur capitaine, c’est qu’ils ne reculeront pas devant les exigences de leur joueur étoile.

Mais se pourrait-il que Tavares veuille savoir...? Il veut savoir si la haute direction prendra les grands moyens pour donner du lustre à l’organisation. Il y a un an, ce ne fut pas une décision difficile pour Steven Stamkos. Steve Yzerman, depuis son arrivée à Tampa Bay, a connu des résultats intéressants.

Peut-on en dire autant de Garth Snow à New York? Et quelle est la situation de l’équipe vis-à-vis un autre déménagement?

Pour l’instant, les décideurs du Canadien ne devraient-ils pas revoir leur position relativement à l’emploi du temps de Galchenyuk au poste de centre? N’a-t-il pas connu de bons moments à cette position?

Pourquoi chercher ailleurs quand le joueur convoité est peut-être dans ta propre cour? Je sais, il s’agit d’un interminable débat, mais l’impatience des dirigeants du Canadien a créé cet état de fait.

Markov : de la place

Andreï Markov est son propre agent.

Et tous ceux qui ont eu l’occasion de le côtoyer au fil des ans vous diront qu’il a la tête dure et qu’on doit s’y prendre de bonne heure pour lui faire changer d’idée. Andreï, je suis convaincu, n’a pas regardé la liste des joueurs autonomes sans restriction.

Il a peut-être une petite idée de ce qui s’est passé depuis quelques jours, que soudainement, il se retrouve à la tête d’une liste de joueurs autonomes dont le profil n’a rien pour plonger les directeurs généraux dans une surenchère.

Sauf qu’il demeure sans emploi. Ça devrait l’inciter à revoir sa position.

Le sport change

Il doit revoir également le rôle qu’il peut jouer au sein d’une équipe. Le hockey de la Ligue nationale change chaque année. Il est plus rapide. Les jeunes joueurs sont plus créatifs, la compétition est plus féroce que jamais.

Peut-il tenir le coup comme défenseur numéro deux, par exemple?

Parce que s’il exige toujours 6 millions $ par saison – c’est le prix que l’on verse pour un défenseur de cette catégorie –, il ne trouvera pas preneur.

Par contre, à 3,5 millions ou, à la rigueur, 4 millions, ça change totalement la donne. Marc Bergevin, à cet égard, tendrait sûrement l’oreille.

C’est le prix qu’on est prêt à payer pour un défenseur numéro quatre.

Même s’il a 38 ans.

Sauf qu’on retiendra son souffle quand on avancera le chiffre deux pour le nombre d’années convoitées.