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Marlon B. Wright est décédé

Marlon B. Wright
Photo Pierre-Paul Poulin Marlon B. Wright

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MONTRÉAL |  Le monde de la boxe québécoise a perdu vendredi un acteur important et un passionné lorsque l’arbitre montréalais Marlon B. Wright a perdu sa bataille contre le cancer.

La nouvelle a été rapportée en premier lieu par le journaliste Mathieu Boulay, du «Journal de Montréal» en avant-midi. Wright, 51 ans, était aux prises avec un cancer de la peau.

«C’est une perte importante pour le monde de la boxe, s’est désolé le grand patron de GYM, Yvon Michel, en entrevue téléphonique. C’était un arbitre intègre. Je me souviendrai de lui pour son professionnalisme et son assurance. Quand on savait que Marlon Wright allait être l’arbitre d’un combat, on était rassuré.»

Dévoué

Ce que peu de gens savent, c’est que Wright a entamé sa carrière dans la boxe à titre de pugiliste. L’homme de 5 pi et 11 po a disputé 12 combats au sein de la catégorie des mi-moyens, montrant un dossier de 10-1-0 et réalisant trois K.-O. Michel l’a d’ailleurs côtoyé dès ses débuts chez les amateurs.

«Je me souviens de lui quand il avait 13 ans, quand je dirigeais la fédération québécoise de boxe amateur, s’est remémoré Michel. Je l’ai eu au sein de mon équipe quand on a fait une compétition Québec-France en 1980.»

L’homme originaire de la Jamaïque a toutefois fait une croix sur sa carrière de boxeur rapidement. Après une défaite aux mains d’Alain Bonnamie le 13 février 1990, il a signé une dernière victoire contre Alain Boismenu le 17 mars 1992 avant d’accrocher les gants.

«C’était un très bon technicien et il se préparait bien. Mais il n’avait pas le chien, le désir et le feu sacré pour passer par-dessus les embûches d’un combat.»

Trouver sa voie

Toujours passionné par son sport, Wright est ensuite remonté dans le ring à titre d’arbitre, où il a supervisé plusieurs combats importants, dont les affrontements entre Gennady Golovkin et Kell Brook en septembre 2016, ainsi que celui entre David Lemieux et Hassan N’Dam en juin 2015, et plus récemment, le duel entre Eleider Alvarez et Lucian Bute, le 24 février dernier.

Son intégrité et son professionnalisme l’ont guidé vers les sommets de la profession.

«Il a réellement gravi les échelons un par un, et il est monté jusqu’au maximum. Il était reconnu comme un arbitre extrêmement fiable. Depuis longtemps, la Régie [des alcools, des courses et des jeux] lui confiait les mandats les plus importants.»

«Il avait trouvé sa véritable voie en devenant arbitre. Il connaissait l’importance de l’arbitrage, il se gardait en bonne condition physique et il avait un bon jugement pour devenir un bon arbitre.»

Une décision marquante

Le 24 octobre 2008, Wright avait pris une décision controversée en laissant le duel Bute-Librado Andrade se compléter au bout de 12 rounds, et ce, même si Bute était sur le point de se faire assommer. Le pugiliste d’origine roumaine l’avait finalement emporté par décision unanime, évitant ainsi le K.-O.

Le président du Groupe Yvon Michel (GYM) a pour sa part estimé qu’il s’agissait de la seule décision à prendre dans les circonstances.

«Les gens ont leur opinion sur cette histoire, mais selon moi, il s’est servi de son jugement pour faire un travail remarquable dans ce combat. Il a fait preuve de discernement. Il a fait ce que tous les arbitres compétents font dans ces circonstances: donner le bénéfice du doute au champion qui, d’autant plus, était un pugiliste local.»