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Steven Raichlen se met à table

Steven Raichlen se met à table
Photo courtoisie, Roger Proulx

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Lorsqu’il n’est pas aux fourneaux ou en train d’animer une émission culinaire, l’Américain Steven Raichlen, auteur de la Bible du BBQ et du Pro du fumoir, dévore des romans franco­phones. Il partage avec nous ses livres préférés.

Pourquoi êtes-vous si attiré par la littérature française ?

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé la lecture. Mais à 16 ans, mon père m’a emmené en France et ç’a été le coup de foudre ! C’est comme si ma vie avait auparavant été en noir et blanc et qu’après ce voyage, elle était en couleur ! J’ai ensuite commencé à étudier le français au lycée et, à l’université, j’ai fait ma maîtrise en littérature française.

​​Vous ne lisez que les grands classiques ou est-ce que vous lisez vraiment de tout ?

Mes lectures sont très éclectiques ! La dernière fois que je suis venu à Montréal, j’ai lu un livre de Martin Provost qui s’intitule Bifteck (rien à voir avec le barbecue !) et qui met en scène un jeune boucher que toutes les femmes du village iront voir pendant la Première Guerre mondiale... Je me suis régalé ! Et avant ça, c’était Toutes les fois où je ne suis pas morte de Geneviève Lefebvre, une auteure que j’aime beaucoup. Ça a lieu à Bruxelles juste après les attentats. Avec tout ce qui se passe, c’est très actuel comme histoire.

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Photo courtoisie

​​Vous lisez surtout des romans d’ici ?

​En ce moment, je lis plus de romans québécois que de romans français, car vous avez des auteurs extraordinaires ! Ils sont juste moins connus. Même en traitant des thèmes difficiles, vous célébrez la vie. Tandis qu’avec les Français, il y a tellement de malaises et de malheurs (je songe notamment à Houellebecq) qu’après, on a juste envie de prendre une douche !

​​Une question qu’on n’a encore jamais posée dans le cadre de cette chronique : quels livres emporteriez-vous sur une île déserte ?

​Splendeurs et misères des courtisanes de Balzac et Les misérables de Victor Hugo, l’un des plus beaux romans jamais écrits, toutes langues confondues. Deux grands classiques, quoi ! Ce qui est quand même assez drôle parce que, avant, si j’avais tendance à éviter ce qui est actuel, maintenant, c’est tout le contraire !

​​Avez-vous récemment découvert un nouvel auteur dont vous aimeriez parler ?

Oui ! Claudine Bourbonnais avec Métis Beach ! Je me suis demandé comment une Québécoise pouvait connaître aussi intimement les détails de la montée du féminisme ou de la croissance du fondamentalisme dans les médias. Un vrai tour de force. En fait, elle en sait plus que les Américains sur ce qu’il s’est passé aux États-Unis au cours des 50 dernières années !

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Photo courtoisie

​​Vous devez sûrement dévorer aussi beaucoup de livres de recettes ?

​Je crains de vous décevoir. J’ai une bibliothèque assez impressionnante de livres de cuisine, mais quand je ne travaille pas, je n’en lis jamais. Je préfère la fiction.

​​Et quel roman lisez-vous présentement ?

Le zouave qui aimait les vélocipèdes de Pierre Breton, un livre qui m’a permis d’apprendre que les Québécois avaient déjà envoyé des soldats au Vatican pour protéger le pape. J’adore découvrir ces époques de l’histoire que je ne connaissais pas, surtout quand ça implique mes amis québécois​.


Le premier livre que j’ai lu en français ?

Papillon, d’Henri Charrière. L’histoire était tellement engageante que même si je ne comprenais pas tout, je tournais chaque page. Et après, j’ai presque toujours lu en français pour maintenir ma connaissance de la langue et... parce que ça me plaît beaucoup ! De ce fait, je connais beaucoup mieux la littérature française ou québécoise que l’américaine.

Deux titres m’ont ébloui :

Il pleuvait des oiseaux, de Jocelyne Saucier. Il paraît qu’au début du 20e siècle, des feux de forêt affreux ont détruit des villages et même des villes de 50 000 habitants et avec ce livre, on pourra suivre l’histoire de trois survivants. Tragique, comique, moderne, tout est mis ensem­ble.

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Photo courtoisie

Artéfact, de Carl Leblanc. À Montréal, dans le nouveau Musée de l’Holocauste, est exposé un livret qui aurait été fabriqué à Auschwitz par les femmes internées. Qu’elles aient pu le faire et qu’il ait pu « survivre » pour atterrir dans ce musée est extraordinaire. Ce roman en raconte toute l’histoire.

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