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Elin Hilderbrand – À nous: panier de crabes à Nantucket !

Elin Hilderbrand
Photo courtoisie, Nina Subin

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La romancière américaine Elin Hilderbrand, championne des romans d’été se déroulant sur son île de Nantucket, a imaginé une formidable histoire mettant en vedette trois rivales, une même maison et un univers de jalousies et de petites guerres dans son 17e roman, À nous. Bienvenue dans un vrai panier de crabes !

Laurel Thorpe, Belinda Rower et Scarlett Oliver ont deux choses en commun : elles se détestent les unes les autres et ont toutes les trois épousé Deacon Thorpe, un chef célèbre qui vient de mourir dans sa villa vétuste de Nantucket.

Son dernier souhait était que cette grande famille (ses trois ex et leurs enfants) se réunisse dans sa maison, fasse la paix une fois pour toutes et trinque à son honneur.

Ses trois ex sont très différentes les unes des autres. Laurel, son amour de jeunesse, est assistante sociale et sa beauté ne laisse pas Buck, meilleur ami de Deacon, dans l’indifférence. Belinda est une sulfureuse actrice de Hollywood au caractère tumultueux comme les flots de l’Atlantique Nord. Scarlett, une jeune belle du Sud, fut la nanny des enfants de Deacon. Évidemment, toutes les trois ont toujours fait leur possible pour s’éviter.

À la mort de Deacon, la rencontre entre tout ce beau monde est inévitable... et donne naissance à toutes sortes de situations plus ou moins glorieuses.

Elin Hilderbrand, avec un humour délicieux, s’est fait plaisir en racontant cette histoire où les pique-niques et les promenades sur la plage cachent une structure complexe, très bien menée, des jalousies bien couvées, assaisonnées de gastronomie.

Elle a déjà utilisé le thème de la gastronomie dans deux romans précédents, et s’y est lancée avec plaisir dans celui-ci. Deacon, son chef, est quelque peu inspiré de ces Américains qui sont devenus des vraies célébrités, comme Emeril Lagasse et Mario Batali, Anthony Bourdain.

Amitié féminine

Cependant, son sujet principal, c’est bien les trois ex-femmes du chef. « Je voulais traiter de l’amitié féminine. Je l’ai fait souvent... mais je voulais que cette fois ce soit différent. Donc quand le livre commence, elles se détestent mutuellement. Au cours de l’histoire, leurs relations changent. »

Les trois femmes lui sont apparues instantanément. « Je voulais que Belinda et Scarlett aient l’occasion de s’épanouir quelque peu pendant l’histoire », dit-elle. « On déteste Belinda et c’est encore pire pour Scarlett... jusqu’à la toute fin. »

Elin a plongé dans les émotions profondes des personnages, réalisant un intéressant portrait psychologique de chacun d’entre eux, y compris Deacon et ses enfants, Angie et Hayes. « Deacon n’est plus dans le paysage. Tout le monde doit gérer cela. »

Buck, le meilleur ami de Deacon, est un magnifique personnage. « C’est un agent... et je me demande toujours si je ne l’ai pas forgé à partir de mon propre agent. Nous sommes ensemble depuis 17 ans. Nous sommes excellents amis, il prend soin de moi et c’est un gentleman de la vieille école, dans un milieu où les gens ne sont pas toujours très gentils entre eux. »

Des endroits réels

Comme toujours, Nantucket devient un personnage en soi. « Dans ce roman, tous les endroits dont je fais mention existent réellement. Il y a vraiment un chemin privé qui s’appelle Hoicks Hollow Road. Ma scène préférée dans le roman est celle où Belinda cogne à la porte de la villa. Elle existe vraiment et j’ai fait des recherches sur son histoire. Je passe devant chaque jour. Nantucket émerge à travers l’histoire et on comprend pourquoi tout le monde aime cette île, même si Belinda est toujours réticente.

  • Elin Hilderbrand a fait une tournée de promotion en France et espère bien rencontrer ses lecteurs québécois sous peu. « C’est sur ma liste ! », assure-t-elle.
  • Son nouveau livre en anglais s’appelle The Identicals.

EXTRAIT

« Il s’endormit sur le canapé poussiéreux mais confortable à la structure de bambou et rêva qu’il embrassait Laurel. Il avait failli le faire sur la terrasse. Il avait été à deux doigts.

Mais Belinda était arrivée et avait tout gâché. Buck se demandait comment créer de nouveau les conditions propices pour embrasser Laurel. Il avait été marié deux fois, mais certains jours il avait l’impression de n’avoir absolument aucune expérience avec les femmes.

Qu’est-ce que Deacon aurait pensé s’il embrassait Laurel ? Il aurait dit “Bravo, mon pote !” ou se serait mis dans une colère noire. »

— Elin Hilderbrand, À nous