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Des élèves prisonniers de la bureaucratie

Cathy Auger et son fils William livrent bataille afin qu'il continue de fréquenter La Samarre
Photo YANICK POISSON Cathy Auger et son fils William livrent bataille afin qu'il continue de fréquenter La Samarre

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Une dizaine d’élèves du secondaire seront forcés de changer d’école cet automne parce qu’une commission scolaire refuse de les laisser choisir l'établissement qui leur convient le mieux.

La Commission scolaire des Appalaches a choisi, au cours des derniers mois, de mettre tout en œuvre afin d’empêcher les jeunes de Saint-Ferdinand d’aller étudier dans la commission scolaire voisine. L’obtention de cette dérogation était une formalité par les années passées.

Cette décision aura des impacts importants sur Rosemarie Grégoire qui devra abandonner ses amis, mais aussi son programme sport-études en cheerleading, qui n’est pas offert à la polyvalente de Black Lake. Elle devrait se rendre jusqu’à Thetford Mines (située à plus de 30 kilomètres) afin d’y avoir accès. Ses parents craignent que cette situation ait un impact néfaste sur son comportement et sur sa réussite scolaire.

«Nous avons des enfants dynamiques qui bougent beaucoup et ont besoin d’encadrement. Le cheeleading est une passion pour elle, il lui permet de libérer son énergie et d’être plus attentive en classe. Elle suivait les traces de ses frères qui sont à La Samare. Je ne sais pas comment elle va réagir à ce changement de milieu, mais ça nous inquiète», affirme le père de l’adolescente, Stéphane Grégoire.

Pour William Lafleur, le choix est clair. Il poursuivra ses études à la polyvalente La Samare de Plessisville ou il décrochera de l’école. Pas question pour lui d’aller à Blac Lake. Après avoir vécu l’enfer dans l’enceinte de la Commission scolaire des Appalaches au primaire, étant étiqueté comme un élève turbulent, il a finalement trouvé un milieu qui lui convenait à La Samare et veut y retourner pour obtenir un diplôme d’études professionnelles.

«C’est sûr que je ne vais pas là (à la polyvalente de Black Lake). Tout mon monde est à Plessisville, je m’y sens respecté, dit-il. J’ai comme projet de faire un DEP en constructions, mais je n’y arriverai pas à Black Lake», statue-t-il.

Il n’est pas permis en ce moment à un parent de choisir une école pour son enfant si elle est située à l’extérieur de la commission scolaire où il réside. En juin, le député Jean-François de Roberge a déposé un projet de loi visant à leur donner cette liberté.

Déterminée à faire respecter la loi

Le directeur général de la Commission scolaire des Appalaches, Jean Roberge, s’est limité à dire que son organisation était déterminée à faire respecter les lois en vigueur. Il n’a donné aucune autre raison pour motiver sa décision.

La Commission scolaire des Bois-Francs s’est dite prête et apte à accueillir les élèves de Saint-Ferdinand.

 

-Saint-Ferdinand est située dans la MRC de L’Érable, dont la ville-centre est Plessisville, mais se retrouve dans la Commission scolaire voisine.

-Saint-Ferdinand est située à mi-chemin entre Plessisville et Black Lake (23 km)

-Les élèves concernés ont appris qu’ils ne pourraient plus fréquenter la polyvalente La Samare à la veille des examens finaux

-Avec ses 825 élèves, la polyvalente La Samare est environ deux fois plus grande que celle de Black Lake (500 incluant le primaire) et offre davantage de services et de programmes.

-Les élèves de deuxième cycle (secondaire 3, 4 et 5) bénéficient d’un «droit acquis» et n’ont pas à changer d’école.