/24m/outings
Navigation

Noémie Caillault : parler du cancer, sans malice

Noémie Caillault : parler du cancer, sans malice
Photo courtoisie

Coup d'oeil sur cet article

Lorsque Noémie Caillault a découvert qu’un cancer se logeait dans son sein gauche, la jeune comédienne française alors âgée de 27 ans a vu son monde basculer. Avec son spectacle Maligne, présenté au Zoofest, l’artiste aborde de front le cancer, mais offre surtout un hymne à la vie.

Dos à la scène, Noémie Caillaut observe un grand écran qui tapisse le fond de son décor. C’est son visage qui y est projeté, celui d’une toute jeune femme affairée à arracher ses cheveux aussi facilement qu’on souffle les aigrettes d’un pissenlit. «Ça me fait sourire de me revoir. C’est joyeux, parce que je me dis que je suis encore là», énonce-t-elle doucement, assise dans les loges désertes du Monument-National après sa représentation.

Noémie Caillault : parler du cancer, sans malice
Photo courtoisie

 

Il faut dire qu’avec une tumeur de six centimètres dans le sein gauche et des métastases aux vertèbres, l’avenir ne s’annonçait pas des plus radieux pour Noémie Caillault. Six mois après le début de ses traitements, ce sont ses patrons du théâtre de la Pépinière à Paris, où elle travaillait comme caissière, qui lui proposent d’écrire Maligne. «C’était mon premier spectacle! Je devais jouer six soirs à Paris pour me roder avant de partir pour le festival d’Avignon, et finalement les salles se sont tellement remplies que je savais déjà que je serais reprise», se souvient-elle, avec un grand sourire.

C’est que ce spectacle a causé un bouche-à-oreille vertigineux. Personne n’avait réellement parlé du cancer sans tabous comme le fait Noémie Caillault. Tout y passe : la perte des cheveux et des ongles, mais aussi ce besoin fondamental d’être désirée, de se sentir bien et belle. «Plein de femmes sont venues me voir pour me dire que je leur avais permis d’en parler, j’ai reçu des témoignages pas possibles. Le dialogue possède une puissance que je ne soupçonnais pas», remarque-t-elle.

Noémie Caillault : parler du cancer, sans malice
Photo courtoisie

 

Une force profonde que recèle également la maladie, qui a façonné à sa manière la comédienne maintenant âgée de 32 ans. «J’ai perdu des copines que j’avais rencontrées à l’hôpital. Une de mes amies, Sabrina, avait la rage de vivre et elle est quand même partie. Comme quoi la maladie peut être plus forte, énonce-t-elle, avant de se perdre un moment dans ses pensées. Maintenant, je relativise, je passe plus facilement à autre chose dans mon quotidien. J’ai de la chance, je suis guérie.»

D’une honnêteté déstabilisante, sans jamais tomber dans la prévention ou le ton moralisateur, Maligne est un baume dont on avait besoin.

  • Jusqu’au 29 juillet, au Studio Hydro-Québec du Monument-National.