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Des vacances de la performance

Oxygène
photo courtoisie Pexel En nature, loin de tout, il est plus simple d’arrêter de courir.

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Il n’est pas facile de ralentir la cadence du quotidien, même en vacances.

L’attirail de la dernière expédition n’est même pas étendu sur la corde à linge, et déjà, cette soif de repartir. Les vacances ont été bonnes, quoi. On s’était réservé un terrain de camping au parc provincial de Sandbanks en Ontario pendant quelques jours.

« Qu’est-ce que vous avez fait ? », est la question classique.

« On a profité de la plage, et on a fait du camping. », est la réponse un peu plate. On n’a pas découvert les vignobles environnants, on n’a pas accumulé les kilomètres sur nos vélos, on n’a ni couru sur la plage ni couru dans les sentiers du parc, et, de mon côté, je n’en ai même pas profité pour additionner des coups de pagaie en vue du Défi Kayak Montréal-Québec le mois prochain. Aucun « il faut » ou « il ne faut pas ». Rien pour s’étourdir ou pour épater les amis.

Du temps

Le soleil qui se lève, la fraîcheur des matins lents et le café chaud sur le réchaud, le grand couetté, le bébé beurré, le feu qui crépite, puis s’épuise, alors qu’on s’active enfin vers la plage, où on n’aura que faire des horaires.

Les enfants jouent avec un rien, répétant les mêmes gestes et scénarios, toujours avec plus de satisfaction, les parents les surveillent ou les accompagnent, entre deux pages de roman dont on ne se vantera pas non plus. On se baignera, on aura faim, on sera peut-être fatigué, et on quittera la plage en fin de journée, les cheveux à l’odeur de soleil et les joues brillantes de grains de sable. On se préparera un petit quelque chose de simple qui goûtera le ciel autour d’une table à pique-nique pendant que des limaces se réfugieront loin des enfants. Puis, les guimauves, bien sûr, et le sommeil dans une nuit silencieuse et mystérieuse. À répéter, chaque jour.

Le temps est long, mais bon. On le sent qui nous enveloppe comme une douillette, au lieu de nous dépasser et de nous essouffler. On est ensemble, sans une liste de choses à abattre qui ne sommeille jamais. On ne s’échange plus les enfants ou la rare solitude dans une parentalité à relais sans fil d’arrivée. Au quotidien, on se console en misant sur l’importance de la qualité par manque de temps, mais lorsque celle-ci rencontre sa consœur quantité, quelque chose se passe auprès de nos proches, et en nous. Une présence calme et continue, avec eux, et avec soi.

La récupération

On dit que le repos et la récupération sont des éléments essentiels à l’entraînement, que c’est lors de ces périodes que le corps se renforce en intégrant les bénéfices des entraînements passés. Sans repos, le potentiel du corps stagne ; celui-ci s’épuise, se fane, se blesse.

Il n’y a pas que l’entraînement qui fatigue. Le quotidien drainant, on connaît aussi, n’est-ce pas ?

En vacances, on peut garder le rythme des « activités » et des « choses à faire »... c’est rare qu’on a autant de temps pour accomplir quoi que ce soit, après tout ! Puis, ralentir demande beaucoup d’énergie, quand on est sur son élan — et comment y arriverions-nous tous si on partait de l’inertie totale tous les matins ?

Sauf que, faire l’effort de s’arrêter un moment, une fois l’adrénaline tombée, laisse de l’espace pour autre chose que de l’entêtement. Certains y arrivent partout. À mon avis, il n’y a pas meilleure place qu’en nature, les sens doucement sollicités, pour changer de rythme. On sent mieux le ridicule de la course, quand on remarque qu’on est seul à courir. Si jamais on succombe à la performance des vacances, si jamais on n’arrive plus à s’endurer dans ce silence, on met dans ses bagages une liste « d’activités » à faire. La mienne, oubliée, n’a fait qu’un cycle de lavage, et je respire mieux.

 

Se motiver à continuer... ou à arrêter

Si l’on s’entraîne une dizaine d’heures par semaines, depuis des mois, le corps profitera sans aucun doute de ce temps pour se réparer et assimiler les surcharges auxquelles il a été maintes fois soumis alors qu’on le tire hors de sa zone de confort.

Autrement, le repos (passif ou actif) permet surtout de renouer (ou trouver) la motivation de continuer... si c’est ce qu’on souhaite ! On peut aussi tomber en amour avec un nouveau sport ou découvrir un autre club d’activités. Persévérance et acharnement ne sont pas synonymes.

En vacances, on remplit notre réservoir d’énergie pour mieux orienter notre quotidien à longueur d’année. Bonnes vacances à tous ! Et si on profite plutôt des vacances pour cumuler les entraînements sans la charge de fatigue professionnelle, allons-y à fond... en n’oubliant pas de prévoir un repos annuel dans quelques mois.]