/entertainment/opinion/columnists
Navigation

Le narcissisme de Mélanie Joly

Coup d'oeil sur cet article

On sait tous que Justin Trudeau est accro au selfie. Cet homme se mire dans son miroir virtuel comme Narcisse s’amourachant de son reflet dans l’eau. Mais saviez-vous que notre ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, est atteinte­­­ du même syndrome ?

Si vous la suivez sur les médias sociaux, vous n’apprendrez pas grand-chose sur les politiques culturelles du pays, mais tout sur son look, ses cheveux, ses déplacements aux quatre coins du pays. « Moi, moi, moi. Me, myself and I ». Dans les deux langues officielles.

Décidément, ce gouvernement est vraiment celui de l’ego surdimensionné, du narcissisme érigé en système et de la Culture du selfie.

UNE « KID KODAK » ?

Les trois quarts des interventions de la ministre sont des photos d’elle. Mélanie inaugure un centre, Mélanie coupe des rubans, Mélanie serre des mains. Misère ! Je comprends qu’elle se trouve belle, mais est-ce nécessaire de documenter le moindre de ses faits et gestes en se mettant en vedette dans chacune de ses photos ? Est-elle une vedette de téléréalité en mal de reconnaissance publique ou une ministre fédérale chargée de dossiers cruciaux ?

La semaine dernière, notre ministre du Selfie a publié le gazouillis suivant : « Quel plaisir de passer du temps avec l’une de mes artistes canadiennes préférées, Wanda Koop, dans son magnifique studio de Winnipeg ».

Comment doivent se sentir les autres artistes qui ne comptent pas parmi les préférés de la ministre ? Je pensais qu’une ministre du Patrimoine ne devait pas avoir de favoris, mais au contraire représenter­­­ tous les artistes canadiens. Une ministre du Patrimoine qui a des chouchous et qui l’admet candidement sur Twitter­­­, c’est comme un ministre des Finances qui écrirait : « Quel plaisir de passer du temps avec l’un de mes entrepreneurs canadiens préférés... »

Mais ce n’est pas tout. Mélanie Joly est aussi une retweeteuse compulsive de tout ce qui la concerne. Si quelqu’un, quelque part, dit le début du commencement d’un commentaire positif à son sujet, elle le relaie sur Twitter. Cette femme n’a-t-elle pas mieux à faire que de se regarder dans un miroir ? N’a-t-elle pas des dossiers pressants à régler, des politiques à faire avancer, des budgets à équilibrer ?

LA MINISTRE LIKE-MOI

Pas plus tard que la semaine dernière, Joseph Facal a sérieusement égratigné la ministre Joly dans Le Journal en disant : « Que Mélanie Joly, qui parle pour ne rien dire et parle mal, soit chargée des langues officielles est puissamment révélateur de l’importance accordée à la question ».

Comment a réagi la principale concernée ? Elle a « aimé » un gazouillis­­­ d’un Canadien anonyme qui écrivait : « Moi je l’aime bien Mélanie Joly, elle représente bien ma génération. »

Heu, ça représente bien votre génération, une ministre qui « parle pour ne rien dire et parle mal » ?

Mélanie Joly était tellement contente que quelqu’un dise du bien d’elle qu’elle en a oublié qu’elle venait de cautionner les propos dévastateurs d’un chroniqueur...

Qu’est-ce qu’il disait, La Fontaine, dans Le corbeau et le renard ? « Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute. »