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Le monde à l’envers

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Le 10 juillet dernier, La Presse a révélé que l’État québécois devra indemniser un électricien inapte au travail sur la base du salaire au noir qu’il recevait au moment d’être blessé.

Vous avez bien lu.

EN DESSOUS DE LA TABLE

Le gars (qui était officiellement sans emploi au moment où il a été blessé par balle) dit avoir gagné 20 $ de l’heure pendant sept mois en travaillant au noir.

Alors le Tribunal administratif a jugé que l’État devra se baser sur le « salaire » que ce travailleur au noir a reçu sous la table pendant cette période pour calculer combien de dollars il recevra de la part de l’IVAC (Indemnisation des victimes d’actes criminels).

Rappelons que pendant cette période, l’homme en question n’a pas déclaré son salaire ni payé un sou d’impôt aux deux paliers de gouvernement.

Rien. Nothing. Nada.

Il recevait son argent cash, dans une enveloppe. Ce qui est totalement illégal.

Mais l’État va quand même se baser sur le pseudo « salaire » que cet électricien recevait sous la table pour calculer le montant de son indemnisation.

Suis-je seul à trouver que cela n’a pas d’allure ?

On ne cesse de nous dire qu’il ne faut pas travailler au noir, que cette pratique illégale et immorale prive l’État de sommes importantes.

Pourtant, l’État ferme les yeux et fait comme si le gars recevait un revenu légitime !

Si c’est illégal de travailler au noir, pourquoi prend-on en considération l’argent que ce gars-là a gagné... illégalement ?

DE NOMBREUSES INCOHÉRENCES

Décidément, je ne comprends plus rien.

La famille d’une Québécoise tuée par des terroristes au Burkina Faso n’a pas reçu un sou de l’État. Mais un ancien terroriste qui fabriquait des bombes pour Al-Qaïda reçoit 10 millions de dollars en indemnisation.

Un cambrioleur qui se blesse en tentant d’échapper à la police lors d’une course-poursuite sera indemnisé par la SAAQ, car l’État n’a pas à juger du contexte dans lequel s’est produit son accident d’automobile.

C’est illégal de vendre de la drogue. Mais si tu te fais pincer, tu dois payer ta part de TPS et de TVQ à l’État ! Comme si tu gagnais ta vie de façon honnête, et que tu vendais des bonbons au lieu de la coke ! Soudainement, quand vient le temps de garnir les coffres de l’État, on se fout de savoir si tes activités professionnelles étaient légales ou pas !

Les malades dans les CHSLD ont un bain par semaine alors que les détenus dans nos prisons en ont deux, minimum.

Des gestionnaires qui ont mal fait leur boulot et fait perdre d’importantes sommes aux citoyens québécois quittent leur emploi et empochent de jolies indemnités de départ.

Tu n’as pas le droit de sourire sur ta photo de passeport. Mais une immigrante peut se voiler le visage lors de sa cérémonie de citoyenneté. La ministre de la Justice va même l’appeler pour la féliciter !

DES RÈGLES ALÉATOIRES

Après ça, on se demande pourquoi les citoyens sont de plus en plus cyniques.

En fait, ce qui est surprenant, c’est qu’ils ne le soient pas plus !

On nous demande de respecter des règles, mais ces règles s’appliquent de façon totalement aléatoire.

C’est à n’y rien comprendre.