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Le stress, ennemi numéro 1 des travailleurs

Geschäftsfrau ist müde und deprimiert
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Valérie Cordier-Chemarin, 37e AVENUE

 

Surcharge de travail, objectifs trop élevés, pression du superviseur... le « toujours plus » semble gouverner le travailleur moderne. Rien d’étonnant que pour 51 % des Québécois, le stress soit l’aspect qui a le plus d’impact sur leur travail.

Selon l’étude réalisée en début d’année par l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés (CRHA), 92 % des Québécois interrogés estiment que leur employeur devrait se préoccuper de leur santé et de leur mieux-être. Un mieux-être qui laisse souvent sa place au stress et à l’angoisse lorsque les conditions de travail se dégradent.

Comment le stress qui affecte l’employé peut-il mettre l’entreprise en péril ?

Le stress, aussi appelé aussi le mal du 21e siècle, est un véritable fléau. Lorsqu’il survient au travail, il résulte souvent de plusieurs facteurs : responsabilités mal définies, surcharge de travail, rémunération jugée injuste, horaires atypiques, trop de demandes de dernière minute, manque d’outils pour accomplir la tâche, pression des patrons...

« Selon la nature de l’individu, il saura plus ou moins bien gérer ce stress, explique Pierrette Desrosiers, psychologue du travail spécialisée dans les entreprises familiales. Chaque personne a sa propre interprétation des événements et réagira différemment. » Certains travailleurs refuseront ainsi d’accumuler ce stress et réagiront immédiatement en allant parler à leur responsable. D’autres, par contre, en croyant bien faire, accepteront la surcharge de travail ou la pression. « C’est la perception de la perte de contrôle, en ayant de la difficulté à dire non ou à être trop perfectionniste, qui mène à la saturation », indique la psychologue.

Le stress peut apparaître sous plusieurs formes : des symptômes physiques (maux de dos, migraines, urticaire...), cognitifs (oublis, erreurs de jugement, difficulté à se concentrer...), émotionnels (larme à l’œil fréquente, démobilisation...) et comportementaux (fumer ou boire plus, mal dormir...). S’il n’est pas traité, le stress peut mener à la dépression, voire pire...

Des programmes de santé et de mieux-être

Les employeurs ont conscience du problème, et ils sont nombreux à investir dans un programme de santé et de mieux-être. D’après l’étude effectuée auprès des membres de l’Ordre des CRHA, une entreprise sur deux s’est dotée d’un tel programme.

Malgré ces investissements, 62 % des travailleurs n’ont pas connaissance qu’il y a un programme de santé et mieux-être dans leur organisation. « Des employés stressés seront moins productifs et feront du présentéisme, ce qui coûte plus cher à l’entreprise que l’absentéisme, car c’est plus insidieux, explique Pierrette Desrosiers. La réputation de l’entreprise sera également mise à mal, car un employé stressé risque de faire des erreurs, ce qui engendre des conflits, des pertes de clients... »

Même si les entreprises mettent en place des programmes de santé et de mieux-être, se sortir de situations stressantes est parfois difficile. Selon la psychologue, le travailleur a deux choix : « Soit tu obéis, soit tu arrêtes. Il faut prendre le temps de comprendre, connaître ses priorités et faire des choix. Il ne faut surtout pas y laisser sa peau ! Quand le cheval est mort, vaut mieux en descendre... »