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Bede a bien retenu la leçon

Entraînement Alouettes
Photo Pierre-Paul Poulin

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Boris Bede revient de loin. Rien ne fonctionnait pour lui l’an dernier. En jargon sportif, le botteur des Alouettes a été victime de ce qu’on appelle le sophomore jinx. Il s’agit d’un mal mystérieux qui frappe certains athlètes à leur deuxième saison professionnelle.

Bede s’est retrouvé dans une zone qui lui était totalement inconnue. Il lui était bien arrivé de connaître un petit creux de vague avec le Rouge et Or de l’Université Laval, mais rien de très sérieux. Son entraîneur, Glen Constantin, l’avait laissé sur le banc pour un match ou deux à sa deuxième ou troisième saison.

Mais les choses ont pris une tournure nettement plus compliquée l’année dernière. La situation s’est éternisée. Bede n’arrivait pas à s’en sortir. Il ratait placement par-dessus placement. Sa moyenne de réussite a chuté à 52,4 pour cent.

Tout un contraste avec sa moyenne d’efficacité de 90 pour cent à sa première saison. Il a été écarté de la formation pour plusieurs matchs.

Bede n’y comprenait rien.

Choses à prouver

Comme tout athlète qui connaît un passage à vide, il s’est remis en question.

La saison terminée, il est rentré chez lui bien déterminé à rebondir cette année.

A-t-il changé des choses durant l’entre-saison ?

« À part me marier, non ! » répond-il avec un sourire.

C’est déjà un grand pas !

Mais en ce qui a trait à sa carrière, il avait toutes les sources de motivation dont il avait besoin.

« J’avais en moi cette flamme de montrer au monde ce dont je suis capable et de faire taire les gens qui estimaient que je n’avais plus ma place avec les Alouettes », raconte-t-il.

C’est le genre de commentaire qui fait mal.

« Je connais ma valeur, continue Bede.

« Je sais que lorsque je suis au sommet de ma forme, tout va bien aller. »

Aujourd’hui, Bede aborde l’épisode qu’il a vécu l’année dernière comme une leçon de vie.

« C’est du bagage à avoir, dit-il.

« Il faut surtout en tirer une leçon. Je n’avais jamais connu l’adversité auparavant. Ç’a été dur. Je me suis demandé comment j’allais réagir et comment je remonterais la pente. Je l’ai fait. »

Garder les pieds sur terre

Les résultats sont probants depuis le début de la saison.

Bede a réussi huit bottés de placement en neuf tentatives, le plus long ayant été effectué sur une distance de 51 verges la semaine dernière contre les Lions de la Colombie-Britannique.

Au chapitre des bottés de dégagement, sa moyenne s’élève à 43,2 verges. Ça pourrait être un peu plus élevé.

Bede est satisfait de son rendement dans l’ensemble, mais il ne s’emballe pas.

« Je connais un bon début de saison, mais je dois rester concentré, dit-il.

« La saison est longue. Je vais continuer à travailler pour m’améliorer. Quand on revient d’une saison difficile, on ne veut pas que ça se reproduise. »

Il en va ainsi pour toute l’équipe.

Tous dans la même galère

Les Alouettes ont autant de choses à prouver que Bede.

« Rome n’a pas été construite en un jour, rappelle le joueur d’origine française.

« Il y a eu beaucoup de changements au sein de la direction des opérations football et du personnel des joueurs durant l’hiver. Il faut un certain temps pour que les morceaux se soudent tous ensemble.

« S’il y a une chose que je peux demander aux amateurs, c’est d’être patients. »

Comme ses coéquipiers, Bede a bon espoir que Jacques Chapdelaine amène l’équipe à bon port.

« Il n’y a pas de zone grise avec lui, raconte-t-il.

« Il a une ligne de pensée et des attentes. Après un match, tu sais par toi-même si tu as répondu à ses aspirations. »

Exécution et discipline

Malgré des lacunes évidentes, les Alouettes ont été de tous leurs matchs depuis le début de la saison. Quand on demande à Jacques Chapdelaine s’il perçoit un manque de confiance au sein de ses troupes, il répond que ce n’est aucunement le cas.

« On aurait dû gagner les matchs qu’on a perdus, cela dit sans rien enlever aux capacités de nos adversaires (Eskimos d’Edmonton et Lions de la Colombie-Britannique), dit l’entraîneur en chef des Alouettes.

« On était vraiment frustrés par nos performances. En combinant les verges gagnées à chacun de nos premiers et deuxièmes essais dans ces deux rencontres, on a totalisé plus de verges par essai que nos adversaires.

« Par contre, on a réussi moins de série de jeux. Pourquoi ? À cause de pénalités dont on a écopé ou par manque d’exécution. C’est une chose à laquelle on doit remédier. On ne doit pas écourter nos séries offensives par des défaillances d’exécution et un manque de discipline. »

La défense a également des choses à améliorer malgré tout le bien qu’on en dit.

« Elle doit forcer l’adversaire à faire des bottés de dégagement, explique Chapdelaine.

« Lors de notre match à Edmonton, les Eskimos n’ont eu qu’à en faire trois seulement. »

Ce serait particulièrement important ce soir alors que les puissants Stampeders de Calgary s’amèneront au stade Molson avec leur quart Bo Levi Mitchell.