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Une tour de 26 étages se construit à côté de chez elle

Une résidente de 80 ans est exaspérée par le chantier près de sa maison

Tour 26 étages
Photo Catherine Montambeault Le chantier qui s’est mis en branle sur le boulevard Lévesque Ouest à Laval est à huit pouces de la maison d’Huguette Gagné-Leclair (au centre). Sur la photo, elle est accompagnée de sa fille Dominique Leclair et du conjoint de celle-ci, François Lapalme.

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Une octogénaire de Laval a dû dire adieu à la tranquillité de sa demeure depuis que la construction d’une tour d’habitation de 26 étages s’est mise en branle à quelques mètres de chez elle.

« Quand ils ont commencé à creuser, ça me faisait peur. La boue qui revole partout, le bruit toute la journée... C’est quelque chose », raconte Huguette Gagné-Leclair d’un air accablé.

Il y a à peine quelques semaines, un dense boisé bordait la maison où vit la dame depuis 55 ans, au coin du boulevard des Prairies et de la 61e Avenue. Mais depuis la mi-juin, les arbres ont été remplacés par des excavatrices et des pieux métalliques.

Une résidence pour personnes âgées de 210 appartements, qui deviendra la plus haute tour de Laval, devrait y être érigée d’ici septembre 2018.

« Il va y avoir des dommages irréversibles sur la qualité de vie de ma mère », déplore la fille de Mme Gagné-Leclair, Dominique Leclair, en haussant la voix pour couvrir le brouhaha extérieur.

« Déjà, elle entend piocher de 7 h le matin à 9 h le soir, même le samedi. La maison tremble de partout. »

Malgré tout, Huguette Gagné-Leclair n’a pas envie de quitter sa demeure.

« Je ne sais pas ce que je vais faire. Même si je voulais la vendre, personne ne voudrait l’acheter avec ça à côté », dit-elle en pointant l’emplacement de la future tour.

La Lavalloise est aussi propriétaire d’une seconde maison, située juste devant chez elle. Comme l’un des deux locataires qui y habitaient a déménagé, elle s’inquiète de ne trouver une personne pour le remplacer en raison des travaux.

Mme Gagné-Leclair affirme que le constructeur de la tour lui aurait offert 800 000 $ pour ses terrains et ses deux bâtiments, dont la valeur marchande totale est estimée à environ 1,6 M$.

Cette information a cependant été niée par le porte-parole de Quadrax & Associés, Jean-Maurice Duddin.

Grogne

La dame de 80 ans est loin d’être la seule à être incommodée par le projet baptisé Équinoxe.

Une soixantaine de résidents du complexe de condominiums Le Maritime, situé de l’autre côté du chantier, ont également exprimé leur grogne au conseil municipal du 4 juillet dernier.

Le maire de Laval, Marc Demers, avait alors déclaré ne pas avoir d’« assises juridiques » pour refuser l’érection de la nouvelle tour d’habitation.

« Les gens ne sont pas contents du tout, et je crois que c’est très compréhensible, mentionne Sylvain Ross, administrateur au Maritime. D’autant plus qu’on a beaucoup de questions, mais aucune réponse de la part de la Ville. »

Le maire a accepté de rencontrer les citoyens lors d’une séance d’information dédiée au projet, qui se tiendra ce lundi.

Respect des normes

Selon la Ville de Laval, le projet Équinoxe respecte les normes municipales puisqu’un permis de construction a été délivré en décembre 2016, soit avant que la hauteur des bâtiments dans ce secteur de Chomedey soit limitée à 15 étages, en mars 2017.

Il s’agit donc du dernier projet élaboré selon les règlements du système d’urbanisme hérité de l’ère de l’ex-maire Gilles Vaillancourt.

« Le promoteur est dans ses droits », affirme François Brochu, directeur des relations publiques au cabinet du maire Demers.

« Il a fait les choses en bonne et due forme, selon les normes qui avaient cours à ce moment-là. On ne peut pas revenir en arrière. »