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Croire à la divine Providence

Sarah McCoy
Photo courtoisie

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En racontant la superbe histoire de l’écrivaine américaine Hallie Erminie Rives et du journaliste new-yorkais Post Wheeler, la romancière américaine Sarah McCoy démontre toute la richesse d’une époque révolue, mais aussi le pouvoir incroyable de l’amour, du destin et de la divine Providence dans son nouveau roman, Le souffle des feuilles et des promesses.

Hallie Erminie est née dans une famille de planteurs du Kentucky en 1874. La jeune femme brillante, au caractère affirmé, n’a que l’écriture en tête. Elle se rend à New York dans l’espoir de trouver un éditeur et y rencontre un journaliste railleur, célibataire et fier de l’être : Post Wheeler. Au fil de leurs discussions, tous les deux s’attachent l’un à l’autre, sans oser se l’avouer.

Du jour au lendemain, Post quitte New York pour l’Alaska. Pendant 10 ans, entre les États-Unis, l’Angleterre, la France et l’Italie, se déroule un curieux chassé-croisé entre les deux. Hallie connaît beaucoup de succès sur la scène littéraire et Post embrasse une carrière en politique. Finiront-ils ensemble ?

Sarah McCoy est bouleversée par la série de coïncidences qui entoure l’écriture de ce roman. L’idée d’écrire l’histoire de ces deux personnages bien réels est née après qu’elle eut mis la main sur une édition originale de Cœurs vaillants de Hallie Erminie Rives dans une librairie d’occasion de La Nouvelle-Orléans. Elle a dévoré le livre et a pu lire les archives du couple après être entrée en contact avec une parente éloignée de l’écrivaine, Gale Rives Gayce. Les souvenirs de Hallie et Post, publiés dans Dome of Many-Coloured Glass, lui ont aussi servi de base pour raconter l’histoire.

Atomes crochus

Sarah McCoy, une romancière à la très grande sensibilité, a la plume parfaite pour raconter cette histoire étonnante et décrire des personnages tout à fait inhabituels. Hallie Erminie et elle ont assurément des atomes crochus ! « J’avais le sentiment que ce livre rouge, Cœurs vaillants, me murmurait de m’occuper de lui », dit-elle.

En faisant plus de recherches, ce qu’elle a découvert lui a donné des frissons : Hallie est née au Kentucky, et elle aussi. Hallie était écrivaine et une pionnière du féminisme. Elle a voyagé et vécu à l’étranger. Sarah aussi. « Je me disais : qui es-tu et pourquoi voles-tu des pans de ma vie comme ça ? Mais... attends... c’est pourtant elle qui a tout vécu cela en premier ! »

Sarah a consacré plusieurs années à cette histoire, au travers de l’écriture d’autres romans. « Les mémoires font plus de 800 pages, en petits caractères, à lire et annoter... J’ai écrit leur histoire d’amour, et pour cela, je ne me suis servi que des 229 premières pages des mémoires. Il y avait beaucoup de confusion historique dans leurs écrits et je ne pouvais rien tenir pour acquis. Il a fallu que je réécrive mon livre cinq fois. »

« Écrite avec le cœur »

Sarah s’est retrouvée aux côtés de Hallie et Post pendant l’écriture. « Je me suis imaginée en Alaska, en train de chercher de l’or, puis de me promener en traîneau à chiens. Je vivais leur vie dans mon imagination. C’est une histoire d’amour écrite avec le cœur. J’ai mis de la couleur sur leur esquisse, si on veut. »

Hallie était très en avance sur son temps et a eu beaucoup de chance de trouver le partenaire parfait pour elle. « Ce genre de relation amoureuse est bien réel et peut arriver pour vrai. Ça peut arriver. Et c’est bien ce qui m’a fascinée chez eux comme couple : l’intelligence rencontre l’intelligence et le cœur rencontre le cœur. Ils ont été tiraillés, séparés par des milles, des années, différentes aventures, et ont finalement pu se retrouver. Ils étaient faits l’un pour l’autre. »

► Sarah McCoy vit à Chicago où elle se consacre à l’écriture de ses romans. Elle déménagera sous peu en Caroline du Nord.

► Elle a également écrit Un goût de cannelle et d’espoir et Un parfum d’encre et de liberté, deux best-sellers.

► Elle adore le français et rêve de rencontrer ses lecteurs québécois ! « Je suis Française de cœur ! » assure-t-elle.

<b><i>Le souffle des feuilles et des  promesses</i></b><br>
Éditions Michel Lafon, 334 pages
Photo courtoisie Éditions Michel Lafon
Le souffle des feuilles et des promesses
Éditions Michel Lafon, 334 pages

 

EXTRAIT

« Malgré les recommandations de Wheeler, je ne restai pas à Post Oak... Eh oui, je tirai une grande satisfaction de l’imaginer contrarié par ma décision de ne pas m’installer dans le Kentucky pour toujours.

Au lieu de cela, je retournai à New York, avec sous le bras un des livres d’architecture de papa. Juste un symbole, bien sûr. Je ne m’engageais pas dans une carrière d’architecture, mais bien dans celle de romancière. Sur ce point, Wheeler avait eu raison : un récit se construit d’après un plan, avec des fondations solides. Moi, je m’étais contentée de jeter ensemble de la boue et de la paille pour me considérer comme la reine Cléopâtre, mais il me fallait étudier la pyramide attentivement avant de choisir le calcaire. »

— Sarah McCoy, Le souffle des feuilles et des promesses, Éditions Michel Lafon