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L’humour au compte à rebours

L’humour au compte à rebours

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Les angles obtus, le gluten selon Shakespeare ou encore les biscuits soda : les humoristes qui participent au «24h pour rire» du Zoofest n’ont qu’une journée pour pondre des numéros aux thèmes des plus farfelus, imposés par un public sans pitié.

Le spectacle 24h pour rire commence exactement une journée avant sa vraie représentation en salle. Installé dans les studios du Zoofest, l’animateur Richardson Zéphyr pilote une vidéo en direct au cours de laquelle le public choisit les sujets que devront aborder les humoristes le lendemain, dans la coop Katacombes.

La réaction des artistes est presque aussi divertissante que le spectacle lui-même. Il faut dire que de devoir trouver un moyen de réunir la guacamole, les guitares brisées, les prénoms et les biscuits soda dans une même prestation, comme devait le faire Yanick de Martino au cours de son stand-up, peut sembler un brin décourageant.

Pourtant, le stress ne semble pas au rendez-vous dans la petite salle de réunion improvisée en haut des Katacombes. Assis sur un divan circulaire, les humoristes révisent leurs textes en carburant aux chips. «Je ne veux pas me faire le porte-parole du groupe, mais je viens pas mal de commencer à noter mes trucs maintenant. Je développe toujours mon matériel à la dernière minute», souligne Yanick de Martino, visiblement à l’aise comme un poisson dans l’eau.

Catherine Thomas lui décoche un regard un peu incrédule. «Moi, je suis vraiment stressée. Hier, je me suis couchée, j’ai fait ma vie, et j’ai tout écrit aujourd’hui pendant trois heures en me haïssant un peu», concède en riant la diplômée de l’École nationale de l’humour.

«Moi, j’ai commencé à y penser cet après-midi en marchant. Je me suis arrêté dans trois cafés différents pour les noter, j’ai même pas pris le temps de finir les "drinks" que je m’étais commandé!», raconte en riant Charles Deschamps.

Sans possibilité de faire de rodage, les humoristes savent qu’ils iront dans quelques minutes se mettre en danger devant le public. «Ça entraîne deux types de rires différents : un rire devant une belle trouvaille, et un rire face à l’humoriste qui s’humilie avec une blague poche», note Richardson Zéphyr.

L’humoriste Pierre-Yves Roy-Desmarais ne semble pas trop s’inquiéter, lui qui s’est fait imposer un thème taillé sur mesure. «Je dois faire un numéro sur la procrastination, ce qui est bon parce que je fais tout à la dernière minute. C’est dur d’écrire l’été, alors ça me force à repartir la machine, sortir des nouvelles affaires», remarque-t-il.

Entre James Bond au Moyen Âge et Gérard Depardieu sur la Lune, on ne peut certainement pas reprocher au «24h pour rire» de ne pas savoir innover.

Le prochain spectacle est présenté le 21 juillet aux Katacombes.