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Omar Khadr: la bonne décision

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Un terroriste qui gagne à la loto, ça ne change pas le monde, sauf que... ça met assurément le monde en beau maudit !

Il y a là une réaction tout à fait normale. Quand on pense aux familles américaines éplorées par la mort ou les blessures découlant des gestes reprochés à Khadr. Ou encore aux militaires d’ici qui sont marqués à jamais, sur leur corps et dans leur être, par les atrocités de la guerre. Des hommes et des femmes trop souvent laissés à eux-mêmes, abandonnés par le système. Dès lors, tout nous semble injuste. Mais notre quotidien est rempli d’injustices. C’est la dure réalité.

Complexité

Et un dossier aussi complexe que celui-ci exige de faire preuve de nuances et de ne pas uniquement nous arrêter à nos sentiments. Ma réaction initiale a été la même que celle de la majorité des gens. Stupeur. Frustration. Incompréhension. Mais en jetant un regard froid et objectif au cours des derniers jours, j’en suis venu à la conclusion suivante : le gouvernement n’avait effectivement pas le choix.

Non pas parce que Khadr est un enfant de chœur. Mais parce que le Canada a erré. Parce qu’il n’a pas respecté ses propres lois, sa propre charte. Parce que la Cour suprême, à trois reprises, a donné raison au citoyen canadien Khadr. Quelques millions avaient déjà été flambées sur le plan juridique. Le précédent créé par Maher Arar en 2007 assurait que la somme de 10,5 M$ était un plancher dans ce dossier-ci. Justin Trudeau n’exagère donc pas quand il affirme que l’aventure se serait soldée par une facture de 30 à 40 millions de dollars si le gouvernement avait choisi de se rendre au bout du processus.

Il y a eu faute. Point. Contrairement au député conservateur Pierre Paul-Hus, je ne peux pas me résoudre à me dire qu’après tout Omar Khadr n’a subi que de la torture soft en étant soumis à une privation de sommeil extrême. ALLÔ ?

Pas de pitié

Comprenez-moi bien : par contre, je ne suis pas en train de prendre Omar Khadr en pitié ou de tenter de l’excuser. J’aurais préféré de loin qu’il subisse un procès juste et équitable et qu’il croupisse en prison dans l’éventualité où la Cour aurait prouvé sa culpabilité. Ce ne fut malheureusement pas le cas. Et dans une société démocratique comme la nôtre, on ne peut pas bafouer les droits de nos citoyens.

Il faut également reconnaître qu’Omar Khadr n’aide en rien sa cause auprès de la population en évitant de condamner sa famille pour l’endoctrinement auquel il fut soumis. J’aurais voulu qu’il pourfende sans détour le radicalisme religieux et ses dérives de tout acabit. Ce ne fut pas le cas. Le Canada n’avait pas le choix. Mais ça ne veut pas dire qu’il faille aimer Khadr. Souhaitons ne plus entendre parler de lui et que le gouvernement apprenne de ses erreurs.