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Réfléchir à la vie après les Olympiques

Réfléchir à la vie après les Olympiques
Courtoisie

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Quarante et un ans jour pour jour après le début des Jeux olympiques de Montréal, le Stade olympique reste un sujet controversé. Le duo d'artistes visuels Jean-Maxime Dufresne et Virginie Laganière pensent pourtant que c'est un cas «fascinant», eux qui ont fait le tour du monde pour documenter l'usage des sites après la compétition sportive. 

Les deux artistes présentent l'exposition Post-Olympiques à la Maison de la culture Côte-des-Neiges en ce moment. Pour mettre sur pied cette exposition, ils ont visité six emplacements où se sont tenus les Jeux olympiques. Ils ont proposé une première phase en 2014 qui réunissait les sites de Beijing, d’Athènes, de Sarajevo et de Montréal.

Réfléchir à la vie après les Olympiques
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La métropole est l’un des cas les plus complexes qu’ils ont étudiés parce qu’il y a un fort contexte historique, selon le duo d’artistes. «Il y a un récit fascinant qui se débobine à travers tous les épisodes du Stade olympique et du pourtour de cette infrastructure», considère Jean-Maxime Dufresne.

Ils se sont penchés sur des cas célèbres, comme l’émeute de 55 000 personnes lors du spectacle de Metallica et de Guns N’ Roses en 1992 ou l’utilisation du Stade comme un immense centre de vaccination alors que la grippe A (H1N1) faisait rage en 2009. «Le Stade occupe la fonction de conteneur de foule et quand ça se met à dérailler, ça peut aller pour le meilleur comme pour le pire», explique Jean-Maxime. L’utilisation du Stade va par contre au-delà de cette fonction qu’est l’accueil de masses, selon le duo. «Juste le fait que les gens font du skate ou du parkour, ça fait partie de l’appropriation de ce site», ajoute-t-il.

Ils ont aussi exploré la transformation du vélodrome de Montréal en Biodôme, qui a créé une polémique à l’époque. «Quand tu as une fonction qui est octroyée à une structure, tu essaies de la maintenir de cette façon-là», relate Jean-Maxime. Pour eux, l’idée que l’ossature d’un vélodrome puisse maintenant abriter plusieurs écosystèmes, offrir un contrôle de températures et devenir un support à la vie est fascinante.

On peut apercevoir la neige sur le Biodôme alors qu'il fait plus de vingt degrés à l'intérieur.
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On peut apercevoir la neige sur le Biodôme alors qu'il fait plus de vingt degrés à l'intérieur.

 

Les deux artistes ont recours à la photographie, à la prise de son, à la vidéo et à des installations, par exemple des sculptures. Ils illustrent ainsi donc les récits narratifs qui se sont développés à Montréal, mais aussi aux autres emplacements.

Échantillon convenable

Puisque les quatre premiers lieux choisis présentaient «une certaine forme d’atmosphère plus dystopique, plus difficile à aborder», Virginie et Jean-Maxime ont ajouté une deuxième phase (Munich et Tokyo) pour offrir un contrepoint aux sites plus affligés.

Pour eux, c’était important de ne pas tomber dans l’apologie de la ruine. «Oui, il y a peut-être des sites qui paraissent plus en état d’attente, de latence, mais il y a d’autres sites qui sont vraiment plus actifs comme à Munich et à Tokyo», explique Jean-Maxime.

À Munich, autant les personnes âgées que les plus jeunes utilisent les sites des Jeux olympiques. Ils peuvent se diriger en suivant ces tuyaux de ventilation colorés.
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À Munich, autant les personnes âgées que les plus jeunes utilisent les sites des Jeux olympiques. Ils peuvent se diriger en suivant ces tuyaux de ventilation colorés.

 

Ils présentent cette deuxième phase en ce moment, à Montréal, mais leur intérêt envers ce thème remonte à 2012. Ils étaient alors de passage à Barcelone où se sont tenus les Jeux olympiques de 1992 et s’intéressaient de façon plus large aux mégaévénements. «On avait documenté le devenir de certains sites, mais la recherche s’est vraiment orientée en 2013», mentionne Jean-Maxime.

Même s’ils ont observé de nombreuses conséquences négatives découlant de la tenue des Jeux olympiques, ils ne cherchent pas à porter un jugement. Ils laissent le soin aux spectateurs de faire leur propre lecture de leur exposition, présentée jusqu’au 19 août prochain. 

Virginie et Jean-Maxime ne comptent pas travailler sur ce sujet dans un avenir rapproché. Ils laissent quand même la porte ouverte à une prochaine exposition, mais présentée sous d’autres formes artistiques.