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C’est fini, de prendre l’homme par le ventre

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Nos grands-mères disaient qu’il faut prendre l’homme par le ventre. C’était même leur motivation pour passer des heures la bedaine contre le poêle. Ce temps-là est bel et bien terminé. Aujourd’hui, c’est par le sport qu’on prend son homme. Pas celui qui endolorit les muscles, mais celui qu’on regarde à la télévision.

Le sport a bien changé à la télé depuis la création de RDS. Encore plus depuis l’ouverture de TVA Sports en septembre 2011. Même si la chaîne n’est pas encore rentable, on a dû suivre le courant général et créer TVA Sports 2 en 2014, puis une troisième chaîne, l’année suivante, pour pouvoir présenter trois parties de hockey différentes aux mêmes heures.

Pendant ce temps, RDS lançait une deuxième chaîne, puis RDS Info. Aujourd’hui, sur les centaines de chaînes qu’on peut syntoniser avec Illico, il y a 44 chaînes de sport, et leur nombre augmente constamment.

LES FRANÇAIS S’INQUIÈTENT

À la télé américaine, les sports prennent encore plus de place que chez nous. En France, le Conseil supérieur de l’audiovisuel, l’équivalent du CRTC, s’inquiète de la place du sport à la télé. En 1995, il y avait sept chaînes sportives en France. Il y en a 37 aujourd’hui. En 2010, les sports occupaient 100 000 heures par an, la majorité sur des chaînes gratuites. L’an dernier, les sports ont occupé 200 000 heures, dont 95 % sur des chaînes payantes.

Au Canada, à l’exception des Olympiques – et encore ! – et de quelques sports amateurs, il ne reste plus un seul sport qu’on puisse regarder gratuitement. Pour tous les autres sports, il faut être abonné au moins à TVA Sports et à RDS. À plusieurs autres chaînes si on est un vrai mordu.

La plupart des femmes ont compris depuis longtemps que c’est par le sport qu’elles peuvent garder leur homme à la maison. Les chips, les nachos et les ailes de poulet ont remplacé la tarte au sucre et le fudge.

POPULARITÉ SANS PRÉCÉDENT

La popularité exponentielle que la télévision a apportée aux sports profite avant tout aux propriétaires d’équipes et aux athlètes. Sans télé, les Cowboys de Dallas ne vaudraient jamais 4,2 milliards $ US. Comme les Yankees et les trois grandes équipes de soccer européennes (Manchester, Barcelone et Madrid), qui valent presque autant.

Même si Rogers et TVA ont acheté les droits canadiens de la Ligue nationale de hockey jusqu’en 2025 pour la somme faramineuse de 5,2 milliards $, aucun club de la LNH, même pas les Maple Leafs ou le Canadien, ne compte parmi les 50 équipes les plus riches de la nomenclature du magazine Forbes.

LES PATATES DE SOFA

Les athlètes, y compris les «plombiers», profitent aussi de la manne de la télé. Le juteux contrat de 84 millions $ de Carey Price le prouve, comme la bourse de 3 645 000 $ que Roger Federer vient de toucher à Wimbledon pour seulement 20 manches de tennis.

Ce n’est pas celui qui se rend au Centre Bell ou au Stade Saputo, mais nous, les «patates de sofa», qui couvrons la plus grande partie des salaires des athlètes et qui enrichissons le bas de laine des propriétaires d’équipes. Prenons notre mal en patience, nous n’avons pas fini de payer. L’abonnement aux chaînes sportives augmentera au même rythme que l’appât du gain pour les propriétaires et les athlètes.

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