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Le fisc s’attaque à la femme d’un mafieux

Un gang de rue aurait incendié ses salons de coiffure en janvier

Un incendie a rasé un immeuble abritant un salon de coiffure de Caterina Miceli, sur le boulevard René-Laennec à Laval, le 9 janvier 2017. Son autre salon avait déjà été incendié la semaine précédente.
Photo Agence QMI, Pascal Girard Un incendie a rasé un immeuble abritant un salon de coiffure de Caterina Miceli, sur le boulevard René-Laennec à Laval, le 9 janvier 2017. Son autre salon avait déjà été incendié la semaine précédente.

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​Après les incendiaires, le fisc s’attaque à la femme de Carmelo Cannistraro, considéré comme un des patrons du pari sportif au sein de la mafia montréalaise.

Revenu Canada réclame 198 652 $ à Caterina Miceli, la femme du caïd condamné en 2011 pour paris illégaux après l’opération Colisée contre le clan Rizzuto.

Ces ennuis fiscaux s’ajoutent à ceux qu’éprouve le couple Cannistraro-Miceli avec certains membres de la pègre.

En janvier, quatre membres d’un gang de rue ont été accusés d’une série de crimes qu’ils auraient commis pour le compte d’un clan mafieux, dont l’incendie de deux salons de coiffure de Miceli, à Laval.

Les quatre accusés sont aussi soupçonnés de s’être attaqués à d’autres membres de la mafia. En avril, ils auraient notamment incendié le salon funéraire Loreto de la famille Rizzuto, qui a dirigé la mafia montréalaise pendant une trentaine d’années.

<b>Carmelo Cannistraro</b></br> 
<i>Condamné</i>
Photo d'archives
Carmelo Cannistraro
Condamné

Financement alternatif

Selon le registre foncier, la femme du mafieux Cannistraro éprouve des ennuis financiers depuis des années. Revenu Canada vient d’enregistrer des hypothèques légales sur ses deux immeubles des quartiers Villeray et Rosemont ainsi que sur sa maison, Place de Villeroy, à Laval.

Les Villes de Montréal et Laval ont aussi enregistré des préavis de vente sous contrôle de la justice de deux propriétés de Miceli pour récupérer des taxes foncières impayées. Elles n’ont cependant toujours pas été saisies.

La femme de Cannistraro ne semble toutefois pas avoir de mal à payer son prêteur privé, la Corporation Investissements I.I.C., qui lui a accordé un financement de 550 000 $ en 2016.

Contacté par notre Bureau d’enquête, le patron d’I.I.C., Reuben Croll, assure qu’il n’a aucun mal à se faire payer par Miceli.

« Les informations sur nos emprunteurs, c’est privé, dit-il. Mais si c’était un compte à problèmes, je le saurais. »

I.I.C. a accordé un financement à Miceli après que son ancien prêteur, la Banque Laurentienne, eut exigé le remboursement immédiat de son hypothèque, en janvier 2016.

Aveu

Selon des documents fonciers, l’institution financière lui reprochait d’avoir manqué un paiement, mais aussi d’avoir omis de remplir ses déclarations fiscales pour éviter d’avoir à payer ses impôts.

Selon la Laurentienne, Miceli a avoué à l’un de ses représentants qu’elle n’était pas en mesure de payer la somme qu’elle devait au fisc.

« La Banque est d’avis qu’est survenue une détérioration substantielle dans votre situation financière », mentionne son préavis.

En 2011, la Cour du Québec a condamné le mari de Miceli, Carmelo Cannistraro, à une amende de 250 000 $ pour ses activités de prise de paris illégaux au profit de la mafia, démantelées par l’opération Colisée.