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André Sauvé et l'Orchestre symphonique de Montréal: un mariage heureux

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Avant de présenter son troisième one-man-show solo, André Sauvé a voulu se lancer dans un nouveau défi : créer un spectacle en collaboration avec l’Orchestre symphonique de Montréal. Le résultat, fort impressionnant, s’est avéré une réussite sur toute la ligne, samedi, à la Maison symphonique. De loin l’un des meilleurs spectacles qu’il nous ait été permis de voir au festival Juste pour rire, ces dernières années.

Du jamais-vu ou presque

Ça prenait bien André Sauvé pour avoir une telle idée originale de marier l’humour et le classique. Mis à part Fred Pellerin, qui a offert des concerts de Noël avec l’OSM, le concept n’avait jamais été utilisé pour un spectacle d’humour. Et surtout, André Sauvé a écrit des textes spécialement pour ce spectacle, directement reliés à la musique et à l’orchestre. On s’est retrouvé avec un spectacle fort rafraîchissant, très drôle, mais aussi émouvant par moments.

Le mariage des univers

Rarement le mélange des genres aura été aussi payant.

En écrivant son spectacle, André Sauvé a pris soin de très bien incorporer l’orchestre à ses histoires. On n’a pas eu droit à une facile mise en scène de monologue-musique-monologue. L’orchestre a plutôt accompagné l’humoriste pour certains de ses monologues. Et parfois, le comique a laissé toute la place aux musiciens. Ceux-ci, menés par le chef Adam Johnson, ont servi notamment du Chostakovitch, Beethoven, Bach et Holst. Des interprétations souvent puissantes et très maîtrisées.

Les thèmes

Dans ce spectacle 100 % original, André Sauvé a encore une fois proposé ses questionnements sur l’humain et la psychologie, en faisant de nombreux liens avec la musique. Son monologue sur les instruments nous a fait crouler de rire. « T’écœures pas ça, une timbale. Tu vouvoies ça. T’es poli avec. » Les musiciens de l’OSM ont joliment accompagné l’humoriste dans ses délires contrôlés. Plus loin, Sauvé a failli nous faire pleurer de rire en parlant de Star Wars. Et il gardait le meilleur pour la fin en abordant les différentes émotions que nous procure la musique. Brillant.

Les meilleures blagues

  • « Un nouveau-né, ça émerveille. Pourtant, y’a personne icitte qui a pas “pas né”. »
  • « Le glockenspiel, c’est pas de quoi que tu vas croiser à se battre dans une ruelle à 3 h du matin. »
  • « La flûte, c’est parce qu’elle est vide qu’elle donne du son. Si elle était pleine, ce serait un bâton. C’est où il n’y a pas de flûte qui fait qu’elle est une flûte. Je ne sais pas si elle le prend personnel. »
  • « Le tuba, ça flâne le samedi matin. Tu ne verras jamais un tuba chez le psy. C’est relax. Je ne dirais pas épais, mais bonheur facile. »
  • « Dans ma tête, je suis toujours plus loin que ce que je veux dire. Je suis toujours huit phrases en avance. En ce moment, pour moi, le show est fini. Je suis en train de prendre ma douche. »

Le verdict

Ce spectacle d’André Sauvé avec l’OSM va entrer dans les annales de Juste pour rire et même de l’humour québécois. L’humoriste a livré une proposition extrêmement rafraîchissante qui marie à merveille deux univers habituellement très éloignés. Du très grand art. Espérons que cet excellent spectacle pourra être rejoué, afin que davantage de personnes puissent en profiter.