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Pas un cas isolé

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Au Canada, plus d’une femme sur 10 victimes de violence conjugale est maltraitée par son conjoint alors qu’elle porte un enfant, estiment des experts.

Selon les données de l’Enquête sociale générale de 2009, près de 63 300 femmes, soit 11 % de toutes les femmes victimes de violence conjugale au pays, ont déclaré avoir été agressées physiquement ou psychologiquement par leur partenaire de vie au cours des cinq dernières années alors qu’elles étaient enceintes.

Au Québec, un total de 15 131 femmes ont été victimes d’agressions par leur conjoint en 2015, selon le ministère de la Santé publique. Il n’y a toutefois pas de données concernant spécialement les femmes enceintes.

Déjà des victimes

« La violence conjugale durant la grossesse n’est malheureusement pas un phénomène isolé et il n’y a pas beaucoup de données fiables spécifiques au Québec », déplore Sylvie Lévesque, professeure au département de sexologie de l’UQAM.

Dans la majorité des cas, ces femmes sont déjà victimes de violence au sein de leur couple avant de tomber enceintes. Mais parfois, la grossesse peut aussi provoquer des tensions au sein du couple et déclencher des comportements violents, poursuit la chercheuse.

« On n’est pas capable de statuer sur une trajectoire unique ni sur des causes précises. Dans certains cas, la violence va commencer avec la grossesse, d’autres fois, elle va s’accentuer ou bien se transformer et passer de gestes physiques à une violence psychologique », poursuit Mme Lévesque.

Un cas « extrême »

La femme enceinte qui a été poignardée dans la nuit de dimanche à lundi à Montréal et dont le conjoint a été arrêté est un cas « extrême », estime de son côté la directrice du Centre de recherche interdisciplinaire sur la violence familiale et la violence faite aux femmes, Geneviève Lessard.

La professeure de l’Université Laval mène d’ailleurs une étude avec Mme Lévesque sur la question de la violence conjugale en période de grossesse pour dresser le portrait de la situation dans la province et mieux prévenir les drames comme celui survenu lundi.