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Un ancien ingénieur de St-Jérôme dans l’eau chaude

Il est accusé par son ordre d’avoir participé à un système de contrats arrangés

GEN-
Photo d'archives, Martin Alarie Richard Bégin est le deuxième fonctionnaire de la Ville de Saint-Jérôme accusé devant l’Ordre des ingénieurs.

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Un ex-ingénieur en chef de la Ville de Saint-Jérôme est accusé en déontologie par le syndic de son ordre professionnel d’avoir contourné à plusieurs reprises le processus d’appel d’offres public en donnant illégalement de l’information aux soumissionnaires.

Richard Bégin est notamment accusé de s’être prêté à des « procédés malhonnêtes ou douteux », de manque d’intégrité, et de s’être mis en situation de conflit d’intérêts, selon la plainte formulée en mars par le syndic de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ).

Intérêt public

Cette plainte faisait l’objet d’une demande d’interdit de publication qui a été rejetée la semaine dernière, à la suite de la contestation du Journal.

« C’est une bonne chose, car c’est clairement d’intérêt public », commente brièvement l’ex-patron de l'Unité anticollusion du ministère des Transports, Jacques Duchesneau, désormais à la tête du bureau d’enquête de la Ville de Saint-Jérôme.

<b>Jacques Duchesneau</b><br /><i>Inspecteur général de Saint-Jérôme</i>
Photo d'archives, Chantal Poirier
Jacques Duchesneau
Inspecteur général de Saint-Jérôme

Dans la plainte de l’OIQ, on apprend que M. Bégin aurait transmis « des indices qui ont permis (...) aux firmes de génie locales [...] de contourner le processus d’appels d’offres de la Ville ». Le Conseil de discipline n’a pas encore entendu la plainte.

M. Bégin, aujourd’hui à la retraite, a dirigé le service des travaux publics de la Ville de 2002 à 2008. Il n’est plus ingénieur depuis le 20 avril 2016.

Pas le premier

Rappelons qu’il n’est pas le premier ingénieur de la Ville de Saint-Jérôme à faire l’objet d’une plainte devant le conseil de discipline de l’OIQ.

Érick Frigon, qui a également dirigé le service des travaux publics de 2008 à 2010, avait avoué, en décembre dernier, avoir toléré un système de partage de contrats « bien rodé » entre quatre firmes de génie-conseil : Tecsult, CIMA+, Dessau et Leroux, Beaudoin, Hurens et associés (LBHA).

« On m’avait bien mis au courant [à mon entrée en poste] que fort probablement que [des entrepreneurs] débarqueraient dans mon bureau pour me dire : “Écoute, ça, tu sais fort probablement que c’est moi qui vais l’avoir” », avait confié M. Frigon devant le conseil de discipline de l’OIQ.

L’Ordre des ingénieurs n’a pas souhaité commenter le rejet d’interdit de publication, car la décision peut faire l’objet d’un appel.

Il n’a pas été possible de parler lundi à M. Bégin ni à son avocat.

► Le dossier de Richard Bégin sera entendu le 6 septembre par le Conseil de discipline de l’Ordre des ingénieurs.