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Il aurait planifié poignarder sa femme enceinte de 8 mois

Accusé de meurtre prémédité, il pourrait passer le reste de ses jours en prison

Accusé de meurtre prémédité et de tentative de meurtre, Sofiane Ghazi ne peut désormais plus entrer en contact avec ses enfants, sa conjointe et la mère de celle-ci.
Photo Facebook Accusé de meurtre prémédité et de tentative de meurtre, Sofiane Ghazi ne peut désormais plus entrer en contact avec ses enfants, sa conjointe et la mère de celle-ci.

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Les avocats de la poursuite entendent démontrer que Sofiane Ghazi avait planifié de tuer son bébé lorsqu’il a poignardé sa conjointe enceinte, lundi à Montréal-Nord. L’homme de 37 ans a d’ailleurs été formellement accusé mardi de meurtre prémédité et de tentative de meurtre.

Calme et quasiment impassible, le toxicomane a brièvement comparu par visioconférence au palais de justice de Montréal.

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a dépêché sur place la procureure en chef adjoint en matière de violence conjugale pour expliquer pourquoi une accusation de meurtre avait été retenue.

« On peut commettre un homicide si on inflige des blessures à un enfant avant ou après sa naissance, et si de ces blessures résultent en la mort alors qu’il était devenu un être humain, a expliqué Me Anne Aubé. Pour devenir un être humain, il faut être vivant et décéder par la suite. »

Anne Aubé, avocate
Photo Pierre-Paul Poulin
Anne Aubé, avocate

Après avoir été poignardée principalement au ventre au beau milieu de la nuit, Raja Ghazi a subi une césarienne d’urgence à son arrivée à l’hôpital. Tristement, après quelques heures de soins, son enfant a succombé à ses blessures.

Meurtre planifié ?

Quant à l’aspect préméditation de l’accusation de meurtre, le criminaliste Jean-Pierre Rancourt croit que les précédents épisodes de violence conjugale pourraient expliquer en partie ce chef. Selon lui, l’accusé avait probablement planifié son coup.

« Il risque toutefois de plaider qu’il n’avait pas l’intention de tuer l’enfant, estime l’avocat. Maintenant, quand on porte des coups à l’abdomen d’une femme enceinte de huit mois, un homme raisonnable doit s’attendre à de graves conséquences. »

La juge à la retraite Nicole Gibeault croit pour sa part que le DPCP a considéré plusieurs facteurs pour déposer des accusations de meurtre prémédité.

« Je crois qu’ils se sont appuyés sur un ensemble de facteurs pour la préméditation, explique-t-elle. Ce n’est pas un seul facteur d’après moi. »

S’il est reconnu coupable de meurtre prémédité, Sofiane Ghazi pourrait passer le reste de ses jours derrière les barreaux.

L’homme est aussi accusé d’avoir volé la voiture Mazda dans laquelle il aurait pris la fuite, de vol qualifié, d’avoir menacé sa conjointe, et de non-respect de ses conditions de libération. Il demeurera détenu au moins jusqu’au 25 août, où il doit revenir devant la cour.

Il lui est désormais interdit de communiquer avec sa conjointe et la mère de celle-ci.

Rencontrée à son domicile en matinée mardi, la dame a préféré ne pas commenter pour éviter d’être mêlée à cette horrible histoire.

Violence conjugale

Raja Ghazi, 33 ans, repose pour sa part dans un état stable à l’hôpital et les médecins ne craignent plus pour sa vie.

Quelques heures avant la tragédie, Raja Ghazi avait fait appel à la police pour dénoncer le comportement menaçant de son conjoint la veille. Les agents lui avaient fortement conseillé de quitter l’appartement avec ses deux enfants. Mme Ghazi a effectivement confié ses petits à sa mère, mais elle a préféré demeurer dans son logement.

Le mois dernier, Ghazi avait été arrêté au petit matin pour des voies de fait envers sa conjointe. En raison de son comportement violent et agité, il avait fallu au moins quatre policiers pour le sortir de l’appartement.

Il avait été remis en liberté moins d’une semaine plus tard, à condition, notamment, de ne pas s’approcher de sa conjointe et de son logement sans son consentement.

Puisqu’il avait d’importants problèmes de consommation de drogues dures, les enquêteurs croient qu’il aurait pu être sous l’effet d’une telle substance au moment de son crime présumé.

Un juge avait d’ailleurs ordonné à Ghazi de se présenter deux fois par semaine en thérapie pour soigner sa dépendance.