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Avortement: une loi insensée

Bloc foetus enceinte
Photo courtoisie

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Donc, le monstre qui a poignardé sa femme enceinte de huit mois, causant la mort de l’enfant qu’elle portait, a été accusé de meurtre.

Pourquoi ?

Parce que l’enfant est mort APRÈS l’accouchement...

C’est ce que prescrit la loi canadienne : pour qu’un enfant soit reconnu comme un être humain, il faut qu’il soit sorti du ventre de sa mère.

Une minute avant l’accouchement, il n’est rien, un amas de cellules, une boule de graisse, de la matière vivante sans reconnaissance légale — comme une tumeur, un placenta ou les abats d’une poule.

Mais deux secondes après, c’est un être humain.

Ça défie toute logique, je sais, mais c’est comme ça.

PAS UN PRO-VIE CATHO

Pour que Sofiane Ghazi soit accusé de meurtre, il fallait prouver que le cœur du bébé battait encore lorsqu’on l’a sorti du ventre de sa mère.

Si le bébé avait perdu la vie dans le ventre de sa mère, ça n’aurait pas compté. Légalement, il n’y aurait pas eu de meurtre.

Pensez à ça deux minutes.

Mettez l’idéologie de côté, et regardez juste les faits. Froidement, cliniquement.

Aux yeux de la loi canadienne, tuer un chien est plus grave que tuer un enfant de huit mois qui est dans le ventre de sa mère.

Vous trouvez ça normal, vous ?

Tu es dans le ventre de ta mère, tu n’es rien. Une couleuvre a plus de droits que toi.

Mais si tu es en dehors de son ventre, tu es un être humain avec une identité et des droits.

En dessous de la peau, rien. Au-dessus de la peau, tout.

MOINS IMPORTANT QU’UNE GRENOUILLE

Désolé, mais ça ne me rentre pas dans la tête.

Et je ne suis pas un pro-vie catho. Je suis athée et j’appuie l’accès à l’avortement.

Mais il y a aussi quelque chose qui s’appelle le gros bon sens.

Oh, je sais, le gros bon sens n’a pas la cote auprès des militants dogmatiques.

Pour eux, tout ce qui compte, ce sont les idées, la théorie.

La vraie vie, ils s’en foutent. Ils sont comme des curés : à leurs yeux, les dogmes sont plus importants que les gens. Ils préfèrent les livres aux personnes, les concepts aux individus, la perfection des mots à l’imperfection de la vie.

Mais voilà, dans la vraie vie, un fœtus de huit mois est plus intelligent que n’importe quel animal.

Il reconnaît la voix de ses parents, il a des émotions, il ressent de la douleur...

On est prêt à stopper la construction d’une autoroute pour protéger des grenouilles, mais lorsqu’un homme tue un fœtus de huit mois, on hausse les épaules comme si rien ne s’était passé ?

Vous voulez rire de nous ?

UNE SOLUTION LOGIQUE

Les militants pro-choix craignent qu’on en vienne à interdire l’avortement si jamais on accorde des droits au fœtus.

Je comprends.

Mais il me semble qu’entre « pas d’avortement pantoute » et « des avortements tout le temps, jusqu’à la veille de l’accouchement », il y a un entre-deux, non ?

Tant que le bébé n’est pas viable hors du ventre de sa mère, tu peux avorter. S’il est viable, tu ne peux plus.

Il me semble que c’est logique, non ?