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Dunkerque: le coup de foudre

Dunkerque: le coup de foudre
Photo Courtoisie

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Depuis plusieurs années, la télévision avait remplacé le cinéma dans mon cœur de spectatrice.

Mais il a suffi d’un film, Dunkerque, pour me ramener à mes premières amours.

Il n’y a pas une série actuelle qui est capable d’accoter la charge émotive qui vous prend aux tripes en voyant sur grand écran cette épopée humaine. Et si en plus, vous la voyez sur écran IMAX, vous allez avoir l’impression d’être sur la plage avec les soldats frigorifiés, dans les airs avec les pilotes de la Royal Air Force et sur les bateaux de simples citoyens.

Ce n’est pas compliqué : le cinéma a sa raison d’être pour des films visuellement époustouflants comme Dunkerque­­­.

J’irais même jusqu’à dire que Dunkerque­­­ est une déclaration d’amour au pouvoir du cinéma.

AIR, TERRE, MER

Depuis que j’avais craqué pour Mad Men, House of Cards, Breaking Bad, The Sopranos et Peaky Blinders, je trouvais le cinéma plutôt fade. J’avais délaissé le septième art. C’est à la télé que je trouvais de l’innovation, de l’audace, de nouvelles formules narratives. D’autant plus que le cinéma des dernières années semblait pensé uniquement en fonction d’un public d’ados (avec des courses automobiles, des vampires, des magiciens).

Et je sais que je n’étais pas la seule à être plus excitée par le petit que le grand écran.

Autour de la machine à café, c’est de District 31, Unité 9 ou Stranger Things que les discussions se concentraient.

Mais avec Dunkerque, on a une sacrée­­­ bonne raison de retomber amoureux du cinéma.

Pourquoi ? On y présente des héros au lieu de superhéros.

C’est bien beau de voir Batman dans sa Batmobile, Spider-Man tisser sa toile ou Wonder Woman faire des merveilles, mais il n’y a aucun de ces « pouvoirs spéciaux » qui arrive à la cheville du pouvoir spécial des héros de Dunkerque­­­ : le courage.

Le courage des soldats et le courage des pilotes. Le courage des officiers qui savaient qu’une erreur de leur part signifierait la victoire des nazis. Le courage de simples citoyens qui bravaient des mers agitées et les tirs des avions allemands pour aller sauver des milliers d’inconnus sur une plage de France.

Le courage et la dignité de Winston Churchill et son fameux discours : « We shall never surrender ».

VIVE LE SEPTIÈME ART !

Comme le disait récemment Bret Easton Ellis dans son podcast, une série de télé peut passer par différents réalisateurs, on ne remarquera pas la différence de signatures. Alors qu’un film est étampé Spielberg ou Villeneuve­­­. On sait qu’on voit un film de Dolan, pas un Arcand.

Dans ce cas-ci, on sait qu’on voit un film de Christopher Nolan. Autant ce réalisateur sait filmer l’infiniment grand (des batailles navales avec des milliers de figurants), autant il sait filmer l’infiniment petit (un regard échangé entre un père et son fils, un soldat épuisé endormi dans un train...).

Si vous n’avez pas la chair de poule ou des larmes en allant voir Dunkerque, c’est que vous avez un cœur de pierre. Ce film devrait être un visionnement obligatoire pour tous les étudiants du Québec.

Pour qu’on n’oublie jamais le sacrifice qui a été fait par ceux qui sont venus avant nous afin de défendre des valeurs comme la démocratie, la liberté et, oui, la nation.