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Dénoncer la corruption avec une touche d’humour

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Pour inciter les citoyens à signaler la collusion et la corruption, Saint-Jérôme a opté pour l’humour dans sa nouvelle campagne publicitaire.

« Une ville dont l’emblème est le lion ne peut se contenter d’être un chat dégriffé », peut-on lire sur l’une des 11 affiches créées par le Bureau de l’intégrité professionnelle et administrative (BIPA) de Saint-Jérôme.

Son inspecteur général, Jacques Duchesneau, y voit une façon « d’adoucir » l’image projetée par son équipe, en fonction depuis quelques mois seulement.

« Quand on est arrivés ici, on nous voyait comme des gros méchants, a-t-il dit. On est des humains, on a le sens de l’humour et on a besoin de l’aide des citoyens. On n’attire pas les gens avec du vinaigre. »

Évoquer sans provoquer

La publicité vise à faire connaître la nouvelle ligne de signalement anticorruption lancée en juin.

La créatrice de cette campagne est en réalité une analyste en renseignements du BIPA qui a déjà travaillé dans le domaine publicitaire. La décrivant comme une « virtuose des mots », M. Duchesneau lui a confié le projet.

« Nous avons compris qu’il est préférable d’évoquer sans provoquer, de faire sourire plutôt que de faire fuir, a indiqué la femme dont nous tairons le nom en raison de son emploi. Chaque indice, chaque piste, chaque signalement a son importance. »

Le maire Stéphane Maher n’a pas eu son mot à dire dans l’élaboration de cette campagne puisque son cabinet est indépendant du BIPA. Il se réjouit toutefois du résultat. « Je trouve ça extraordinaire, a-t-il dit. C’est une approche beaucoup plus ouverte pour les citoyens. »

Le mandat du BIPA et la nouvelle ligne de signalisation sont pour lui un pas vers l’avant afin de tourner la page sur un chapitre peu glorieux dans l’histoire de Saint-Jérôme.

Rappelons qu’en février dernier, Le Journal avait révélé qu’un système de collusion « bien rodé » avait permis aux mêmes quatre firmes de génie-conseil de se partager les contrats octroyés par la Ville pendant près de 10 ans.

Cible atteinte

Pour le spécialiste en publicité Benoît Duguay, les affiches ne sont pas toutes réussies, mais celle où l’on voit un chat déguisé en lion est selon lui excellente.

« L’humour est une bonne façon de faire passer un message lorsque c’est réussi ; même lorsqu’il s’agit d’un sujet aussi sérieux et important que la corruption, a-t-il dit. Le petit chat risque de fonctionner et d’aller toucher la cible. »

► Tout citoyen, employé, fournisseur ou sous-traitant qui souhaite dénoncer un acte de corruption ou de collusion peut le faire en composant le 450 431-0031 ou le 1 888 332-0031.