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Universal: le faux scandale

Le but de cette compilation est de vendre, partout dans le monde, une vitrine de ce qui se fait de plus populaire au Canada

Robert Charlebois
Photo d’archives, Ben Pelosse Robert Charlebois.

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« C’est honteux, c’est scandaleux, c’est fait par des imbéciles ! »

C’est ce que Robert Charlebois a déclaré il y a quelques jours au Courrier du Sud au sujet de la compilation de Universal pour le 150e de la Confédération, compilation qui ne contenait aucune chanson en français.

Désolée, Robert, mais je ne suis pas du tout étonnée que les tounes de Léveillée, Desjardins ou Leloup ne se retrouvent pas sur une compilation d’une compagnie qui veut vendre des disques et qui ne fait pas de politique. Pour moi, toute cette histoire autour de Universal et le 150e du Canada est un faux scandale.

UNE TEMPÊTE DANS UN VERRE D’EAU

Si c’était une compilation de la CBC ou de Radio-Canada, je comprendrais le scandale. Si c’était une compilation gouvernementale, émanant du site de Patrimoine, je comprendrais la controverse.

Mais on parle ici d’une compagnie privée qui n’est pas tenue à respecter des quotas ou des critères des deux langues officielles et qui ne répond qu’à des intérêts commerciaux.

Le but de cette compilation est de vendre, partout dans le monde, une vitrine de ce qui se fait de plus populaire au Canada. Pas ce qui se fait de meilleur. Pas ce qui est le plus culturellement signifiant. Ce qui est le plus vendeur.

« Je ne parle même pas pour moi, a précisé Charlebois en entrevue. Je pense à des chansons, des bijoux de Richard Desjardins, des chefs-d’œuvre de Jean Leloup. Ils sont où, ces gens-là ? Qu’est-ce qu’ils écoutent ? Cent cinquante ans de chansons et ils ne font pas Frédéric ? Franchement, ça n’a pas de bon sens ! »

J’aime beaucoup la chanson Frédéric de Claude Léveillée. Mais je ne comprends pas pourquoi Robert Charlebois est si scandalisé qu’elle ne se retrouve pas dans la compilation de Universal.

Voici quelques exemples de chansons qui s’y retrouvent : Summer of ’69 de Bryan Adams ; Man! I Feel Like a Woman de Shania Twain ; et I’m Like a Bird de Nelly Furtado. Bref, des tubes, des hits, des chansons qui ont cartonné aux quatre coins de la planète. J’aime beaucoup Tu m’aimes-tu de Richard Desjardins, mais à ce que je sache, ça n’a pas joué bien bien à Shanghai et à Tombouctou.

Sérieusement, il y a des gens qui ont déploré le fait que même la toune choisie pour Céline Dion soit une chanson en anglais. Vraiment, les amis, vous pensiez que Universal allait choisir autre chose que My Heart Will Go On, la toune du Titanic qui a résonné des îles Fidji à Ouagadougou ?

Sérieusement, les amis, vous auriez préféré que les grands patrons de Universal se disent : « Nous devons honorer le côté francophone du Canada, nous allons donc choisir Je de de de danse dans ma tête » ? Si vous pensez ça, vous rêvez en couleurs.

BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN

En réaction à la controverse, Universal a reconnu son erreur et présenté ses excuses. Selon moi, l’erreur, c’était de s’excuser. Une entreprise commerciale a pris une décision commerciale tout à fait légitime. Il n’y a pas là de quoi fouetter un chat.

Une dernière question : si une compagnie privée décidait de sortir une compilation pour le 375e de Montréal et qu’il n’y avait aucune chanson en anglais, seriez-vous choqué ?