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Prier Allah au nord du 63e parallèle

La bâtisse d’Iqaluit est à la fois un lieu de culte et un centre communautaire

Seul le petit minaret blanc qui s’élève sur le flanc de la bâtisse contraste avec les autres bâtiments du village d’Iqaluit.
Seul le petit minaret blanc qui s’élève sur le flanc de la bâtisse contraste avec les autres bâtiments du village d’Iqaluit.

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Parti de Montréal il y a à peine deux ans, Ahmad Abdoul habite maintenant Iqaluit, capitale du Nunavut, d’où il chante l’appel à la prière de midi d’une voix assurée dans la mosquée la plus au nord du pays.

Cette tâche importante, il a l’apprise par lui-même. «On va à la Mosquée depuis qu’on est petit, alors ça vient tout seul, c’est naturel.»

Vue de l’extérieur, la mosquée ressemble à n’importe quel édifice d’Iqaluit (photo ci-haut). Bleu-turquoise, sur pilotis, pas trop haute; seul le petit minaret blanc qui s’élève sur le flanc de la bâtisse nous rappelle que c’est bien un lieu de culte. Rien à voir avec l’immense église anglicane en forme d’igloo située tout près.

Une église anglicane d'Iqaluit
Courtoisie
Une église anglicane d'Iqaluit

 

«Je suis venu ici juste pour essayer d’y vivre quelques mois. Et puis les mois ont passé... et aujourd’hui, ça fait deux ans.» Ahmad avait entendu dire que la vie était calme dans le coin, et que l’argent était plus facile à gagner qu’à Montréal.

Ahmad Abdoul
Caroline G. Murphy
Ahmad Abdoul

 

 «J’ai tout de même au moins deux jobs ici. Je travaille à la prison fédérale, et je chauffe un taxi à temps partiel.» Mais la vie est effectivement plus tranquille. Pas de bouchon de circulation, pas de bruit, moins de stress. Il ne regrette pas d’avoir quitté son quartier Saint-Michel.

Reviendra-t-il un jour vivre dans le sud? Parce que pour les gens d’ici, la vallée du Saint-Laurent, c’est le sud. «Qui sait?» répond-il avec un sourire. Le temps le dira.

Une communauté appréciée de tous

De son côté, quand Sidakha Ali a quitté le Pakistan pour venir s’installer à Iqaluit il y plus de 20 ans, il était le seul musulman en ville. Avec les années et surtout avec l’arrivée de plusieurs «non-Inuits» depuis le début des années 2000, la communauté a grandi et ils étaient plus d’une centaine à souhaiter avoir un lieu de culte où se réunir.

Sidakha Ali
Caroline G. Murphy
Sidakha Ali

 

L’arrivée de cet espace de recueillement ne cause aucun problème en ville. «Les gens ici sont très accueillants. Ils nous font sentir comme à la maison», lance M. Ali. Ce que nous confirme Jason, un résident d’Iqaluit rencontré à la sortie de la Mosquée: «Les musulmans sont très actifs dans notre communauté et ils sont très appréciés de tous. Ils donnent beaucoup aux banques alimentaires de la ville et aident plusieurs personnes dans le besoin.»

La mosquée d’Iqaluit a ouvert ses portes en février 2016 et sert à la fois de lieu de culte et de centre communautaire.