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Année record pour le tourisme à Montréal

Pour la deuxième fois consécutive, Montréal est en voie de battre un record d’achalandage avec plus de 11 millions de visiteurs

Tourisme Montréal
Photo Francis Halin De nombreux touristes ont envahi la place Jacques-Cartier vendredi après-midi.

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En cette année de 375e anniversaire, Tourisme Montréal croit que la métropole va battre un record historique de touristes cette année avec plus de 11 millions de visiteurs, estime son président Pierre Bellerose.

« Nous pouvons maintenant affirmer que ce record sera bel et bien battu », a déclaré au Journal M. Bellerose, allant même jusqu’à qualifier la performance de la métropole d’« historique ».

À titre de comparaison, Montréal avait accueilli 10,2 millions de touristes pour toute l’année 2016. Les dépenses touristiques avaient alors bondi de 5,8 %, pour atteindre 3,3 milliards $. Ces chiffres devront être revus à la hausse, selon M. Bellerose. Par exemple, lors du Grand Prix, le taux d’occupation des hôtels du centre-ville a flirté avec les 96,5 %, ce qui est exceptionnel.

S’ajoutent à cela les centaines de milliers de personnes qui ont assisté aux grands événements, comme le spectacle des Géants, ceux qui se sont déplacés pour voir l’illumination du pont Jacques-Cartier Connexions vivantes, dirigé par Moment Factory, ou encore le spectacle multimédia Avudo dans le Vieux-Port.

Cette prévision de M. Bellerose a été annoncée vendredi, alors qu’il ignorait encore quel serait le niveau de popularité auprès des touristes du grand prix de Formule électrique qui s’est déroulé ce week-end.

Du monde au restaurant

Chose certaine, des restaurateurs rencontrés à la place Jacques-Cartier avaient le sourire plus facile que leurs voisins marchands.

« C’est vraiment excellent ! Ça a explosé. C’est comme le jour et la nuit, comparativement à l’an dernier... », lance sans hésiter Julien Paton, serveur à la Trattoria Gio. M. Paton n’en revient pas. Américains, Français, Allemands et Scandinaves accourent chez lui comme jamais.

Il y a aussi beaucoup plus de Chinois, remarque-t-on. « Nous avons maintenant 11 vols par semaine vers la Chine. C’est un marché en forte croissance », indique Pierre Bellerose, de Tourisme Montréal, notant une hausse d’au moins 30 % de visiteurs en provenance de l’Empire du Milieu, soit environ 150 000 personnes. Au John Michael’s Pub, le même phénomène a pu être observé. « Ça va bien mieux que l’an dernier. Les affaires vont très bien, c’est tout ce que je peux vous dire », a indiqué Tatiana, la gérante du restaurant, entre deux commandes, ajoutant que ses clients proviennent surtout d’Amérique du Sud, d’Europe et des États-Unis.

D’autres commerçants ne sont pas de cet avis. Magali Thibault Gobeil, propriétaire des marchés publics de la place Jacques-Cartier, en sait quelque chose. Pour elle, la saison est désastreuse.

« Bien ordinaire »

Un constat partagé par Samir Namour, propriétaire d’une boutique, la galerie Le Chariot, qui vend des sculptures inuites et iroquoises. Pour lui, la saison est bien ordinaire. En grande partie en raison du manque de vision de la Ville. « J’ai besoin de clientèle haut de gamme. Il faut attirer les gens qui ont de l’argent. Au lieu d’illuminer un pont, Montréal aurait pu construire un aquarium, par exemple », a-t-il résumé.

 

Taux d’occupation des hôtels à Montréal

  2015 2016 2017  
Avril 70,31% 71,09% 72,78% + 1,69%
Mai 79,59% 80,05% 83,96% + 3,91%
Juin 88,90%  84,39% 87,34%  + 2,95%

Source : Association des hôtels du grand Montréal

Des questions farfelues posées à Tourisme Montréal

  1. À quelle heure ferme la ville ? Est-ce qu’il y a un couvre-feu ?
  2. Où pouvons-nous acheter un bébé castor ?
  3. Montréal est-elle une « vraie » île ?
  4. Est-il possible de dormir à l’hôtel de ville ?
  5. Peut-on dormir dans l’hôtel de glace au mois de juin ?
  6. Est-ce que le Vieux-Québec est de l’autre côté du fleuve ?
  7. Puis-je conduire ma voiture dans le Montréal souterrain ?
  8. Est-ce que l’air du Montréal souterrain est respirable ?
  9. Ai-je besoin d’un passeport pour aller au parc Jean-Drapeau ?
  10. Si le fleuve est là, où sont les baleines ?

 

Des visiteurs comblés

Pierre et sa famille, touristes français.
Photo Francis Halin
Pierre et sa famille, touristes français.

Les Montréalais qui souffrent du chaos des chantiers et des festivals de rues fermées comme ce week-end ne sont pas toujours en amour avec leur ville, mais des touristes, qui voient la ville selon une autre perspective, semblent bien aimer ce qu’ils voient.

Rien n’égale l’hospitalité des Québécois, ont répété les touristes rencontrés à l’île Sainte-Hélène et dans le Vieux-Montréal, qui n’ont eu que de bons mots à l’égard de la métropole québécoise.

« Votre force, c’est l’accueil ! » lance Pierre, un Français en visite pour la première fois au Québec. Pour lui, comme pour de nombreux Canadiens ou Américains à qui nous avons parlé, la chaleur des Montréalais opère sa magie. Pour Tom, de Toronto, la culture et la gastronomie valent le déplacement. « Ce n’est pas la première fois que je viens à Montréal. Mais c’est la première fois avec mes deux jeunes filles. Je voulais leur faire partager cette beauté-là », a-t-il raconté, au soleil, devant la Biosphère.

Le mélange des cultures a tout de suite charmé un touriste venu de Hong-kong qui a préféré ne pas donner son prénom ni être photographié. « Je suis Ontarien, mais c’est ici que je voulais amener mes nièces de Hong-kong, qui ont aimé les couleurs de la ville », a-t-il partagé, avec un rire en coin.

Sortir de la ville

Des touristes nous ont aussi dit aimer sortir de Montréal pour découvrir le Québec. Plutôt que de prendre une chambre dans un hôtel à Montréal, Pierre, par exemple, a décidé d’opter pour un échange de maison avec une famille de Saint-Jean-sur-Richelieu, en banlieue de Montréal. « Nous voulions goûter à l’âme d’un village québécois », a-t-il dit.