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Une enquête en Ontario pourrait jeter un nouvel éclairage sur un homicide à Laval en 1975

L’artiste médicolégal de la Police provinciale de l’Ontario, Duncan Way.
Photo Camille Garnier L’artiste médicolégal de la Police provinciale de l’Ontario, Duncan Way.

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La Police provinciale de l’Ontario tente de relancer son enquête sur le meurtre d’une inconnue commis en 1975 dans des circonstances qui rappellent étrangement l’assassinat – jamais élucidé lui non plus – d’une jeune femme à Laval peu auparavant.

Le 3 mai 1975, le corps d’une victime avait été découvert flottant sous le viaduc de l’autoroute 417, près du village de Casselman, en Ontario, non loin de la frontière du Québec.

La victime n’a jamais été identifiée et a depuis été surnommée la « dame de la rivière Nation ».

Un câble, qui aurait servi à l’étrangler, était enroulé autour de son cou. Le meurtrier lui avait aussi attaché les poignets et les chevilles avec des cravates, dont l’une aux motifs du drapeau canadien.

Ce meurtre présente de troublantes similitudes avec une autre affaire non résolue datant de la même époque : le meurtre de Lise Choquette. Cette Montréalaise de 30 ans avait été retrouvée à Laval le 22 avril 1975, soit une dizaine de jours avant celui de la « dame de la rivière Nation ».

Le meurtre de cette femme, jamais identifiée, en 1975 présente plusieurs points commun avec celui de Lise Choquette, dont le cadavre avait été retrouvé quelques jours plus tôt sur un chantier de construction à Laval.
Photo d'archives, Jacques Bourdon
Le meurtre de cette femme, jamais identifiée, en 1975 présente plusieurs points commun avec celui de Lise Choquette, dont le cadavre avait été retrouvé quelques jours plus tôt sur un chantier de construction à Laval.

 

Similitudes

« C’est vrai qu’il y a plusieurs points communs frappants et que les deux meurtres ont été commis à la même période, affirme le constable de la Police provinciale de l’Ontario Guy Prévost. Les enquêteurs examineront sûrement la possibilité d’un lien entre ces deux affaires. »

Comme celui de Casselman, le corps de Lise Choquette avait été trouvé près d’un viaduc. Il s’agissait cette fois du viaduc Vimont, qui était alors en construction dans le cadre de l’aménagement de l’autoroute 440.

D’après l’autopsie, Lise Choquette aurait été étranglée, elle aussi. Enfin, elle avait été trouvée nue avec une cravate serrée autour du cou.

La distance séparant Laval de Casselman n’est que d’environ 150 kilomètres.

Reconstitution

En attendant de pouvoir établir ou non un lien entre les deux cas, la priorité des enquêteurs ontariens reste de découvrir qui était la « dame de la rivière Nation ».

Pour y parvenir, Duncan Way, un artiste médicolégal, a reconstitué le visage de la femme en trois dimensions.

« J’ai construit cette reconstitution en argile autour du crâne qui avait été conservée en m’aidant des rapports de police et des photos de l’époque, explique-t-il. J’ai ajouté une perruque qui correspond à sa couleur de cheveux et un maquillage similaire à celui qu’elle devait porter ce jour-là pour plus de réalisme. »

Il est rare que la police en vienne à utiliser ce type d’outils.

« Le dernier cas dont je me souviens remonte à plus de 10 ans », confirme Duncan Way.

La Police provinciale de l’Ontario a publié mardi sur son site un appel à témoins accompagné des photos de ce buste d’argile. Elle invite quiconque possède des indices à appeler la ligne dédiée à ce dossier, le 613 591‐2296.

« Il reste forcément une personne qui a connu cette femme et si nous la trouvions, nous pourrions peut-être résoudre enfin cette affaire », affirme Duncan Way.