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Les immigrants tricheurs

Les immigrants tricheurs
MARIE-ANNE LAPIERRE / TVA NOUVELLES

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Les immigrants illégaux qui arrivent au Canada ces jours-ci sont des tricheurs. Bien souvent, ils sont entrés illégalement aux États-Unis, c’est-à-dire sans faire de demande officielle comme les autres personnes qui désirent immigrer aux États-Unis. La crainte qu’inspirent les politiques de Donald Trump les a fait migrer illégalement à nouveau, cette fois au Canada. À nouveau, ils passent devant tout le monde, devant tous les autres qui ont fait une demande légale pour immigrer au Canada.

À la fin du processus, ils seront soit accueillis comme réfugiés, soit refusés (et possiblement retournés aux États-Unis), soit encore ils s’évanouiront dans la nature et ils tenteront de survivre dans toutes sortes de boulots au noir.

Rien de réjouissant

La vague grandissante d’immigrants illégaux qui fuient les États-Unis n’a rien de réjouissant.

Ces immigrants illégaux coûtent chers, surtout s’ils sont peu qualifiés. Ils exercent une pression à la baisse sur les salaires et ils risquent de se retrouver sur le bien-être social s’ils obtiennent le statu de réfugiés. Ils coûtent chers quand ils arrivent malades. Ils coûtent chers quand ils arrivent sans papier. Ils coûtent cher quand il faut les nourrir, les loger, les encadrer...

Rien de bon pour la communauté haïtienne

Ces derniers temps, la plupart des immigrants illégaux qui arrivent au Québec sont d’origine haïtienne. Les Québécois d’origine haïtienne sont très bien intégrés. Ils sont en général travaillants, éduqués et en plus ils parlent français. Mais les immigrants illégaux d’origine haïtienne qui proviennent des États-Unis ne sont pas nécessairement francophones. Ils ne sont pas nécessairement bien éduqués non plus. Si cette immigration illégale se maintient, gageons qu’elle divisera la communauté haïtienne du Québec. Le même raisonnement peut être tenu avec à peu près tous les immigrants illégaux qui proviennent des États-Unis, peu importe leur nationalité.

La responsabilité du Canada

Le Canada ne peut pas prendre sur ses épaules la misère du monde entier, surtout lorsqu’il n’en est pas responsable. La cause est limpide dans le cas d’Haïti. Si les Haïtiens fuient leur pays, c’est d’abord et avant tout parce que les élites haïtiennes sont en majorités incompétentes et corrompues. Ces mêmes élites qui échafaudent toutes sortes de théories plus ou moins farfelues pour détourner la colère des Haïtiens et pour culpabiliser les Occidentaux.

Il n’en va pas de même pour les gens qui fuient le Proche et le Moyen-Orient. Malheureusement, dans ces cas, le Canada porte une part de responsabilité, parce qu’il appuie des régimes islamistes qui sont responsables de la dérive islamiste dans le monde musulman. Mais il faut bien dire que cette responsabilité est secondaire par-rapport à celle des grandes puissances comme les États-Unis et la France.

Les considérations économiques, politiques et morales ci-dessus sont importantes pour aider à prendre des décisions face à la vague d’immigrants illégaux qui menace le Canada.

Un débat à faire d’urgence

Il existe un danger réel que des millions de personnes veuillent traverser la frontière américaine pour entrer illégalement au Canada.

Nous devons nous demander quel est le seuil de tolérance des sociétés canadiennes et québécoises pour ces immigrants illégaux.

Fondamentalement, répétons-le, ce sont des tricheurs qui passent devant les autres immigrants légitimes.

Faut-il accueillir davantage des ces immigrants illégaux, mais restreindre l’accès aux autres types d’immigrants? Quel est le seuil critique d’accueil des réfugiés? Combien notre économie peut-elle absorber d’immigrants légaux et illégaux? Combien notre société peut-elle en accueillir sans que des ghettos se forment? Que pouvons-nous faire au besoin pour décourager, ou même arrêter,  l’immigration illégale?

Ces questions ne sont pas agréables à poser. Il est dérangeant d’y réfléchir, surtout dans des sociétés chrétiennes où les valeurs de charité sont encore très présentes.

Une question de temps

Nous ferions mieux d’engager un débat national sur ces questions au plus vite, pendant que le climat social est encore relativement sain. Il serait dommage d’être surpris comme en Europe par une vague de migration massive et de subir toutes les tensions sociales et politiques qui ne manqueraient pas d’en résulter.

Est-ce trop demander que d’exhorter nos dirigeants à réfléchir un peu sur ce qui risque de se produire dans les prochaines années ou peut-être même dans les prochains mois? Si pour une fois nous devancions une crise?