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Tout un coup de poker de la CBC

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Transformer un téléjournal, c’est comme tenter de réussir la quadrature du cercle. Parlez-en à Radio-Canada qui avait évincé Bernard Derome après 18 ans pour le remplacer par Stéphan Bureau. Malgré sa jeune trentaine, Bureau ne réussit ni à rajeunir ni à augmenter l’auditoire. On en conclut que c’était le téléjournal qu’il fallait rajeunir, pas l’animateur. Gilles Gougeon fut appelé à la barre d’une émission bâtarde qui ne réussit jamais à prendre le large. On revint à Derome, puis à Céline Galipeau dans un format traditionnel.

Pendant ce temps, à la CBC, ce fut le calme plat durant 29 ans avec l’hyper cool Peter Mansbridge. Knolwton Nash lui avait cédé son poste de chef d’antenne en 1988 pour qu’il ne cède pas aux sirènes du réseau CBS.

Mansbridge prenant sa retraite, la CBC a décidé de briser le moule du téléjournal. Alors qu’on n’a jamais trop bien réussi en mettant deux pilotes aux commandes, ne reculant devant aucune audace, la CBC double la mise.

En toute rectitude

À compter de l’automne, dans un ballet dont la chorégraphie n’est pas encore tout à fait arrêtée, quatre chefs d’antenne animeront The National. Un quatuor composé selon les plus belles règles du « politically correct » : deux femmes, Adrienne Arsenault et Rosemary Barton (malgré son nom, cette dernière est bilingue), et deux hommes. L’un est d’origine chinoise, Andrew Chang, et l’autre, Ian Hanomansing, est originaire de Port-d’Espagne, capitale de Trinité-et-Tobago.

Non seulement ils piloteront à quatre, mais ils ne seront pas dans le même studio. Arsenault et Hanomansing officieront de Toronto, pendant que Chang et Barton seront à Vancouver et Ottawa. Malgré des fuseaux horaires qui s’étendent sur quatre heures et demie de Victoria, Colombie-Britannique, à St. John, Terre-Neuve, The National sera présenté partout à 22 h pile.

Des croûtes à manger

Soir après soir, le téléjournal de CTV, qui dure seulement 30 minutes, rejoint 200 000 téléspectateurs de plus que The National. Ces quatre nouvelles vedettes de l’info pourront-elles aller les chercher ? J’en doute, car je n’ai encore vu aucune animation « de groupe » réussir. À deux, l’animation est hasardeuse, imaginez à quatre !

Sait-on à la CBC que Pierre Bruneau anime seul depuis 40 ans un téléjournal qui fait chaque soir presque la même écoute que The National, même si son auditoire potentiel est quatre fois moindre ?

Indigeste le matin

C’est avec une certaine surprise, mais beaucoup d’intérêt que plusieurs radiophiles comme moi ont accueilli Stéphan Bureau en remplacement de Catherine Perrin le matin, à la Première chaîne de Radio-Canada. Bureau est un intervieweur doué, mais peut-être pas l’animateur idéal pour les matins d’été.

Mardi, prenant prétexte d’une série d’articles d’Agnès Gruda sur les migrants libyens, Bureau a mené avec Hélène Bravin, biographe de Khadafi, Agnès Gruda et le professeur Samir Saul, de l’UQÀM, une interminable entrevue durant laquelle on n’a pas vraiment parlé des migrants, mais de façon hyper docte de la politique libyenne depuis Khadafi jusqu’à sa mort. Une demi-heure d’entretien entrecoupé de clips d’archives disparates, le tout à mille lieues du propos régulier de Médium Large et sûrement à des années-lumière de ses auditeurs habituels.

Je m’en prends souvent à la légèreté de la télé de Radio-Canada, mais là, j’avoue avoir été servi copieusement par la radio. Presque assommé même !

Télépensée du jour

Cinq heures cloués au sol dans un avion, c’est long, surtout à... Ottawa !