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Sharko: à glacer le sang

Franck Thilliez
Photo courtoisie Franck Thilliez

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Avec Sharko, l’écrivain français Franck Thilliez signe l’un des meilleurs thrillers de l’été.

En ce moment, les polars venus tout droit d’Islande, de Suède ou du Danemark ont indiscutablement la cote.

Ce qui est bien parce qu’ils nous permettent de découvrir de nouvelles plumes et d’en apprendre un peu plus sur ces lointaines contrées. D’un autre côté, cela nous empêche aussi de voir à quel point la relève du polar français a pris du galon. Car même si certains regrettent peut-être encore la belle époque des Gaston Leroux, Maurice Leblanc ou Simenon, la nouvelle génération d’auteurs, que l’on pense aux rompols de Fred Vargas et aux sanglants thrillers de Jean-Christophe Grangé, de Maxime Chattam ou de Caryl Férey, n’a absolument rien à envier aux meilleurs écrivains du genre.

Quant à Franck Thilliez, qui vit présentement non loin de Lille, dans le nord de la France, il occupe carrément une place à part. Après avoir lu Sharko, son 17e roman, on se doit en effet d’affirmer haut et fort qu’il n’a pas son pareil pour captiver, effrayer, surprendre et troubler ses lecteurs. À tel point qu’on parvient difficilement à comprendre pourquoi Camilla Läckberg ou Stieg Larsson sont toujours aussi populaires. « Je pense que c’est une question de mode, explique Franck Thilliez. Avant, on ne lisait que les Américains et maintenant on lit surtout des polars nordiques. Mais comme on a de très bons auteurs, j’espère que ça va bientôt changer. »

<i>Sharko</i></br>
Franck Thilliez, aux Éditions Fleuve noir, 576 pages
Photo courtoisie
Sharko
Franck Thilliez, aux Éditions Fleuve noir, 576 pages

En lettres de sang

Une chose qu’il faut qu’on vous dise avant d’aller plus loin : avec Sharko, Franck Thilliez n’a reculé devant rien pour nous glacer le sang en saignant... pardon, en signant une histoire dans laquelle vampires, sectes sataniques, cannibalisme, bio-art (une nouvelle branche de l’art contemporain dont le très noir tableau comprend entre autres d’étranges perfusions) et meurtres en série ne tarderont pas à faire monter dangereusement notre pression sanguine. « Quand j’écris un livre, je choisis toujours un thème médical qui m’intéresse, souligne Franck Thilliez. Et cette fois-ci, j’ai choisi le thème du sang parce que je savais que ça allait être un bon sujet. En plus de ses dimensions historiques et mythologiques, il y a toutes les maladies liées aux transfusions et tous les enjeux sociaux qui en découlent. »

Pour nous plonger directement en plein cauchemar, Franck Thilliez a une fois de plus fait appel à Franck Sharko et à Lucie Hennebelle, les personnages qu’il a créés au tournant des années 2000 et qui ont depuis uni leur destinée en fondant une famille sans jamais négliger leurs fonctions de flic. « J’ai d’emblée tenu à les confronter à une situation difficile, ajoute-t-il. Mais au lieu de recourir au scénario standard – faire mourir l’un de leurs proches –, j’ai eu l’idée de leur faire franchir la ligne jaune. »

À la demande de sa tante, Lucie commencera donc à investiguer en douce sur la disparition d’une jeune fille et, dans le temps de le dire, elle sera contrainte d’abattre un fou furieux dans la cave d’une maison isolée de la banlieue sud de Paris. Appelé en renfort, Sharko se débrouillera ensuite pour maquiller la scène de crime de façon à ce que leur propre unité soit dépêchée sur les lieux. Le hic ? Le psychopathe que Lucie a descendu a vraiment beaucoup de sang sur les mains...

Au-delà du réel

« Dans tous mes livres, on s’enfonce peu à peu dans les couches les plus obscures de notre monde, et pour écrire Sharko je me suis entre autres basé sur les recherches de journalistes d’investigation qui ont écrit sur les vampires d’aujourd’hui ou qui se sont penchés sur l’incroyable pompage de sang qui sévit toujours à la frontière mexicaine, la misère humaine pouvant être exploitée de mille et une manières. »

Des milieux franchement glauques sur lesquels ni Franck ni Lucie n’auraient un jour pensé être obligés d’enquêter...