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Portrait d’une autre époque

Le placard met en vedette François Pignon

Sur le point de perdre son emploi dans une entreprise qui fabrique des préservatifs, François Pignon (Hugues Frenette) suivra les conseils de son voisin (Bertrand Alain) et inventera une fausse « sortie du placard ».
Photo courtoisie Sébastien Dion Sur le point de perdre son emploi dans une entreprise qui fabrique des préservatifs, François Pignon (Hugues Frenette) suivra les conseils de son voisin (Bertrand Alain) et inventera une fausse « sortie du placard ».

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L’ineffable François Pignon, personnage phare du Dîner de cons, revit cet été au Théâtre Petit Champlain, dans la pièce Le placard. La comédie de Francis Veber est bien jouée, bien interprétée, mais témoigne d’une époque un peu lointaine et révolue.

Long-métrage mettant en vedette Daniel Auteuil, Gérard Depardieu, Thierry Lhermitte et Jean Rochefort, apparu sur les écrans en 2001, Le placard raconte l’histoire de François Pignon, un comptable sans histoire, victime d’une vague de congédiements.

Déprimé, l’homme qui travaille dans une entreprise de préservatifs est décidé à s’enlever la vie jusqu’à ce que son nouveau voisin lui conseille une stratégie qui pourrait lui permettre de retrouver son emploi.

Homophobie

À l’aide d’une photo truquée, François Pignon va laisser courir le bruit qu’il est homosexuel afin que son congédiement passe pour un geste d’homophobie. Une sortie du placard qui provoquera malaises et quiproquos chez ses collègues de travail et auprès de son patron.

À l’affiche du Théâtre Petit Champlain jusqu’au 26 août, la pièce Le placard est, même si elle témoigne d’une réalité quelque peu lointaine, un bon divertissement, léger, qui s’inscrit dans la tradition des comédies estivales.

Outre l’aspect comédie, Veber appuie d’une certaine façon sur les habituels clichés concernant l’homosexualité. Il y avait possiblement une pertinence à le faire à l’époque, mais, 16 ans plus tard, le monde a beaucoup changé.

Distribution de haut niveau

Certains gags, poussés par Kopel, le patron de l’entreprise, joué par Jack Robitaille, et par le chef du personnel macho Félix Santini, interprété par Patric Saucier, résonnent bizarrement. C’est un peu étrange d’entendre ce genre de remarques un peu douteuses sur l’homosexualité en 2017.

Au-delà de cet aspect, l’adaptation québécoise du Placard bénéficie d’une distribution de haut niveau, avec Hugues Frenette, naïf et piteux à souhait dans le rôle de François Pignon, Bertrand Alain, Charles-Étienne Beaulne, Joëlle Bourdon et Alexandrine Warren.

La mise en scène de Nicolas Létourneau, qui se déploie sur deux plateaux de jeu superposés, reproduisant les bureaux de l’entreprise et le petit appartement de Pignon, est dynamique et rythmée. La succession de courtes séquences, qui racontent l’histoire, est très cinématographique.

Le jeu des comédiens, qui jouent gros par moments, et la mise en scène sont les points forts de cette comédie parsemée de bons gags et de situations loufoques, dont la séquence où la chef comptable Évelyne Bertrand, jouée par Alexandrine Warren, tente de séduire Pignon. Ce qui permet d’aller au-delà d’une matière première qui a mal vieilli et de faire quelques gags « malaisants » et douteux.