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Alice Kuypers – La nuit du 31: quand la vie bascule d’un coup

Alice Kuypers – La nuit du 31: quand la vie bascule d’un coup
Photo Emma Love

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Sous la forme d’une narration à trois voix, la talentueuse Alice Kuypers raconte l’histoire de trois jeunes, Callie, Ivy et Kurt, deux semaines avant un terrible accident de voiture dans son quatrième roman pour jeunes adultes traduit en français, La nuit du 31.

Avec une plume parfaite pour ravir le lectorat des jeunes adultes, Alice raconte l’été de ces trois jeunes qui sont pleins d’énergie... mais abîmés par des relations familiales compliquées et même toxiques. L’écrivaine, par le biais de la fiction, pose des questions fondamentales sur la loyauté, l’amitié, les liens familiaux, la mort et les limites de l’insouciance.

Callie, une jeune plutôt studieuse et tranquille, doit se trouver un travail d’été et gère l’arrivée d’un bébé dans la famille. Son amie Ivy, la magnifique, revient dans le coin après des années d’absence et l’entraîne dans les fêtes bien arrosées. Ivy, séductrice compulsive, jette son dévolu sur Kurt, mais entretient une amitié fusionnelle avec Callie, qui commence à mentir à ses proches pour la suivre.

Et puis, la nuit du 31 juillet, tout va basculer. Une voiture passe par-dessus le garde-fou du pont et personne ne sait si les occupants ont survécu.

Relations fusionnelles

Alice Kuypers, écrivaine généreuse et sensible, capable d’évoquer en peu de mots toute une palette d’émotions et de grands sentiments, s’est intéressée avant tout aux relations fusionnelles, à la vérité et aux mensonges pour écrire ce roman.

« J’ai examiné ce qui pouvait se passer lorsque l’amitié entre deux filles devenait déséquilibrée. Je m’intéresse aux conséquences du mensonge et de la trahison. Sans doute parce que c’est en partie ce qu’on fait en racontant une histoire : on invente des choses, mais on fait en sorte de trouver une vérité dans tout ça. C’est encore plus intéressant lorsqu’un personnage s’invente une vie pour pouvoir mentir. »

« Comme adolescent, c’est important de détecter une personne qui n’est pas ce qu’elle prétend être, même si on l’aime beaucoup. C’est important, car cette situation se présentera aussi dans la vie d’adulte : il faut comprendre que les gens ne correspondent pas toujours au portrait qu’ils font d’eux-mêmes. Qui dit la vérité entre Callie, Ivy et Kurt, dans cette amitié toxique qui les unit ? (...) Nous sommes tous les héros de notre propre histoire, mais si nous ne faisons pas attention, il peut y avoir des conséquences. »

Une mère inquiète

L’écrivaine, mère de quatre enfants qui conduiront plus tard une voiture, s’est sentie très proche des personnages de son histoire. « L’adolescence est un passage parental très difficile : les jeunes sont à la fois libres et indépendants et veulent cette indépendance, mais ils ont encore besoin de structure et de limites. C’est très difficile de savoir où placer ces limites. Quant à mes propres enfants... j’essaie de leur donner le plus d’outils possible pour qu’ils apprennent à être prudents quand ils font des choix. »

- Alice Kuypers vit à Saskatoon avec son mari Yann Martel et leurs enfants de 7, 6, 4 et 2 ans.

- Son premier roman, Ne t’inquiète pas pour moi, paru en 2008 chez Albin Michel, a été vendu dans 28 pays.

- Elle vient de terminer un nouveau roman pour les jeunes adultes.

EXTRAIT

«Le lendemain du jour où Ivy a ressurgi dans ma vie, je me réveille tôt. Il faut dire que je n’ai pas vraiment dormi. Je suis inquiète, mais je me répète que grand-maman est sortie de l’hôpital, alors elle ne doit pas aller si mal. En plus, maman et moi allons la voir après le déjeuner. Une brise chaude entre par fenêtre ouverte et soulève le rideau, comme si la journée venait de me faire un clin d’oeil. Le ciel est déjà clair, même s’il n’est pas encore sept heures. J’adore la lumière ici, à Édenville.»

- Alice Kuypers, La nuit du 31, Éditions Hurtubise