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Didier van Cauwelaert – Le retour de Jules: sauver le chien, sauver le couple

Didier van Cauwelaert – Le retour de Jules: sauver le chien, sauver le couple
Photo Astrid di Crollalanza

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Deux ans après la publication de Jules, un énorme succès de vente en librairie, l’écrivain français Didier van Cauwelaert, à qui on doit aussi plusieurs best-sellers, propose une suite à cette belle histoire de chien d’aveugle avec Le retour de Jules. Et cette fois, ses maîtres doivent agir vite pour le sauver de l’euthanasie.

Jules, chien d’aveugle, déprime dans sa préretraite. Il est redevenu un simple animal de compagnie auprès d’Alice, qui a recouvré la vue. L’ambiance n’est pas joyeuse à la maison et le couple que forme Alice avec Zibal est lui aussi sur la pente descendante.

Hors de toute attente, Jules est sélectionné pour ses aptitudes exceptionnelles dans une école canine spécialisée dans la détection des crises d’épilepsie. Chien spécial, il est même capable de former des chiens qui, comme lui, ont ce talent. Auprès de Victoire, une femelle braque qui a aussi ce talent, il s’épanouit.

Bientôt une école

Mais les choses ne se placent pas toujours bien : un jour, Jules mord le petit-fils de la riche mécène de l’école canine. La décision des autorités est sans appel : il sera euthanasié d’ici 24 heures. Alice et Zibal, qui ont échoué dans leur vie de couple, feront tout pour sauver leur chien.

Didier van Cauwelaert s’est beaucoup inspiré de son expérience comme parrain de la Fondation de recherche sur l’épilepsie pour écrire Le retour de Jules, un roman très original, émouvant, fascinant. « J’ai découvert le rôle des chiens dans l’anticipation, la détection, l’assistance et les résultats extraordinaires qu’ils obtiennent, explique-t-il en entrevue. L’école que je mets en scène dans Le retour de Jules va exister dans la réalité, d’ici quelques mois. »

Il n’avait pas prévu une suite en terminant Jules... et ce sont les personnages qui ont demandé à revenir. « Le chien qui aboyait pour appeler à la niche... En plus, ces découvertes sur l’épilepsie méritaient vraiment d’être illustrées dans le roman. »

Toutes les références scientifiques qui apparaissent au cours du roman sont vraies. « On a compris que ce sont ces ondes électromagnétiques qui précèdent les symptômes que captent les chiens. »

Un auteur qui a du chien

Didier van Cauwelaert a découvert les chiens guide à 12 ans, alors que son père écrivait des pièces pour le Lion’s Club pour financer les chiens d’aveugle. « Il me faisait jouer des petits rôles et j’ai connu très tôt le couple aveugle-chien. J’aimais les chiens, mais ce niveau d’empathie, de vigilance, de dominance altruiste du chien par rapport à l’aveugle, je trouvais ça extraordinaire. »

Il rappelle avec humour n’avoir jamais eu de chien... mais que les chiens, plutôt, l’ont eu. « Ils m’ont choisi. Des chiens errants, ça m’est arrivé trois fois, et des chats aussi. Je suis un peu dans la situation de mon héros Zibal, qui se demande ce que ce chien a capté en moi... qu’est-ce qu’il voit que les autres ne voient pas, pourquoi il m’a choisi. C’est vrai que c’est un questionnement vraiment intéressant ! »

L’écrivain, remarquable pour la finesse de son écriture, ajoute qu’il aime apprendre en écrivant. « Ces chiens, je les ai vus agir. J’ai essayé de me mettre à leur place. J’ai été surpris. J’ai appris des choses sur le fonctionnement et le ressenti des chiens lorsqu’ils sont livrés à eux-mêmes, en dehors du lien avec l’humain. Ce qui se passe entre eux, dans leur manière de se repérer, dans leurs décisions, leurs hésitations, dans leur gestion des informations contradictoires. C’était fascinant à écrire. »

- Didier van Cauwelaert connaît énormément de succès depuis ses débuts dans le monde de la littérature. Il a été récompensé d’un prix Goncourt pour Un aller simple en 1994.

- Jules, publié en 2015, fut un très grand succès de librairie.

- Il tournera un film cet automne.

EXTRAIT

« Il est descendu de mes genoux, est allé se coucher en rond sur le tapis de sol. Entre ses pattes, il a bloqué la laisse en plastique noir qu’avait fixée à son collier l’employé de la fourrière. Et il s’est mis à la mordre, à la ronger comme si elle le retenait encore prisonnier. J’imagine les relents de peur et de souffrance qu’avaient dû y imprimer tous les chiens dont elle avait accompagné le dernier voyage. Je l’ai retirée, enroulée, cachée dans ma poche. Il m’a laissé faire avec un regard en dessous, attentif, méfiant. »

- Didier van Cauwelaert, Le retour de Jules