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Ils craignent de payer pour faire du bénévolat

Les règlements de stationnement du CIUSSS de l’Estrie ne font pas l’unanimité

Nathalie Roberge, la directrice générale du Centre d’action bénévole de Granby, et le bénévole Roger Desbiens s’unissent pour critiquer le règlement de stationnement du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Estrie.
Photo Antoine Lacroix Nathalie Roberge, la directrice générale du Centre d’action bénévole de Granby, et le bénévole Roger Desbiens s’unissent pour critiquer le règlement de stationnement du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Estrie.

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Des bénévoles de Granby qui conduisent des malades à l’hôpital s’indignent que le CIUSSS de l’Estrie fasse payer le stationnement auparavant gratuit pour leur service d’aide.

Même si ce sont les bénéficiaires du service de transport qui sont censés payer les frais, plusieurs craignent que ce soient les bénévoles qui écopent.

« On parle d’une clientèle âgée, malade et pour la plupart à faible revenu. Nous appréhendons déjà qu’ils n’auront pas les moyens de payer les frais de stationnement et que ce sera les bénévoles qui devront payer », affirme la directrice générale du Centre d’action bénévole de Granby (CABG), Nathalie Roberge.

Les villes de Granby et Cowansville sont maintenant annexées à l’Estrie pour les services de santé et services sociaux. Il s’agit d’un changement majeur pour le CABG comparativement à l’époque où il était dans le secteur de la Montérégie.

« On ferait tout pour y retourner », avoue Mme Roberge. Elle redoute même que certains usagers décident d’espacer leurs visites chez le médecin puisqu’ils devront payer le stationnement.

« Ça vient jouer avec la santé des gens. On demande 7 $ par transport pour que ça reste accessible. Il faut que les soins soient accessibles, c’est essentiel », s’exclame la directrice générale.

Ingérable

Le tarif de 7 $ pour le transport est parmi les plus bas au Québec, souligne-t-elle.

« Souvent, on ne me donne même pas l’argent exact, car ils n’ont pas assez, je n’ose pas imaginer ce que ça va être lorsqu’il faudra faire payer les stationnements », témoigne Roger Desbiens, un bénévole frustré par ce règlement.

Mme Roberge croit également qu’il sera rapidement ingérable pour les bénévoles de devoir récolter l’argent auprès des usagers pour les billets de stationnement.

« Après plusieurs requêtes, le CIUSSS a convenu de nous laisser les stationnements à 50 %, ce qui revient à 3,75 $ pour un permis journalier à Granby. Sauf qu’un problème reste présent. Les bénévoles devront faire toute la gestion de l’argent, alors que ce n’est pas à eux de faire ça », se désole Nathalie Roberge.

Elle s’inquiète que plusieurs volontaires décident carrément de laisser tomber en raison de toutes les contraintes.

« C’est déjà assez difficile de garder les bénévoles, ils sont tellement précieux », souffle-t-elle, déçue.

« Je n’ai pas l’impression qu’on valorise le rôle de bénévole, ça m’écœure au bout », lance de son côté Roger Desbiens.

En 2016, 3304 transports ont été effectués par les bénévoles pour 562 bénéficiaires différents.

Équitable

Appelé à réagir, le CIUSSS de l’Estrie a souligné qu’on veut « établir une équité pour tous ses usagers, mais aussi sur le territoire ».

« C’était déjà pratique courante pour les organismes de l’Estrie [de payer pour les stationnements]. On a aussi voulu être équitable pour les gens qui sont accompagnés par un membre de la famille, un ami, un voisin, une connaissance, qui eux, doivent payer leur frais de stationnement », a indiqué Marie-France Thibeault, du service des communications du CIUSSS de l’Estrie.