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La prise d’empreinte digitale obligatoire pour les détenus

La mesure sera mise en place d’ici 2020 pour éviter d’autres libérations par erreur

Marie-France Masse
Photo Nicolas Saillant Le système de prise d’empreinte digitale est en fait un simple module électronique vendu 700 $ l’unité qui est relié à un ordinateur.

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Annoncé dans la foulée de la libération par erreur du fils de « Mom » Boucher en 2015, le système de prise d’empreinte digitale sera finalement implanté dans toutes les prisons provinciales du Québec d’ici 2020 à la suite d’un projet-pilote fructueux au Centre de détention de Québec.

 

En mars 2015, la libération de Francis Boucher, fils du plus connu des motards, Maurice « Mom » Boucher, avait scandalisé le Québec ainsi que la ministre Lise Thériault, qui avait demandé une étude sur la faisabilité de la reconnaissance biométrique. C’est finalement deux ans plus tard qu’un projet de loi allant dans ce sens a été voté.

Ainsi, en avril dernier, le « système biométrique d’authentification carcéral » a été mis en place à titre de projet-pilote au centre de détention ainsi qu’au palais de justice de Québec. Alors que l’identification d’un détenu se faisait essentiellement par photo, une nouvelle étape de prise d’empreinte digitale s’est donc ajoutée.

Trois vérifications

Chaque détenu qui sort de la prison pour aller au palais de justice doit passer par trois vérifications : sur son secteur d’habitation, à l’admission de la prison avant le transport ainsi qu’au palais de justice. « Quand on va le ramener, on va faire le même processus dans le sens inverse », indique Marie-France Massé, directrice adjointe du centre de détention de Québec.

Depuis avril, à Québec, une nouvelle étape de prise d’empreinte se fait à « l’enrôlement », c’est-à-dire lorsqu’une personne est admise, que ce soit au palais de justice ou à la prison. « On crée le dossier avec l’empreinte digitale », explique la directrice adjointe.

« C’est un système qu’on a mis au point et qu’on a gardé simple, et qui fonctionne avec le numéro de dossier unique, la photo et une empreinte digitale, on a intégré les trois », explique Sylvain Laforest, analyste informatique.

« Ce n’est pas laborieux pour les agents. Oui, c’est une tâche supplémentaire, mais c’est très convivial », assure-t-il.

Empreinte détruite

La Commission de l’accès à l’information a toutefois limité l’usage de ce type d’identification plus « intrusive » des détenus et exige des centres de détention qu’ils éliminent ces données. « Du moment où on libère quelqu’un, on élimine ces données-là. Même pour une libération conditionnelle », explique Mme Massé.

Il reste que le projet de loi permet de rendre accessible l’information aux corps policiers dans le cadre d’une enquête criminelle si la personne est à ce moment-là entre les murs d’une prison. Les photos d’identification, qui continuent d’être prises, sont quant à elles conservées par les autorités carcérales au-delà de la détention.

Avec un investissement de 175 000 $ pour le développement du système et l’implantation du projet-pilote et de la phase 1, les autorités carcérales se disent satisfaites. « On s’est donné une sécurité supplémentaire à faible coût », conclut Mme Massé.

Dossier d’un détenu

Marie-France Masse
Photo Nicolas Saillant

 

• Photos (on reprend des photos lorsqu’un prévenu est réadmis ou s’il y a des changements notables au niveau physique : prise de poids, tatouage, cicatrice)

• Signes distinctifs

• Empreintes digitales

Avril 2017 : projet-pilote

• Installation du système au centre de détention et au palais de justice de Québec

Fin 2017 : Phase 1

• Installation au centre de détention de Rivière-des-Prairies et aux palais de justice de Montréal et de Saint-Jérôme.

2020 : phase réseau

• Installation dans l’ensemble du réseau

Projet-pilote et phase 1 : 125 000 $

• Achat des modules pour prise d’empreintes (700 $ chaque appareil)

• Aménagement mineur dans les admissions

• Développement du système à l’interne

Phase 2 :

• Extension à l’ensemble des centres de détention québécois et des palais de justice : 200 000 $