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Il se baigne sans l’accord de sa mère et trouve la mort

Le corps de l’adolescent a été repêché mercredi dans la rivière du Nord de Saint-Jérôme

FD-NOYADE ST JEROME
Photo Agence QMI, Sylvain Denis Des plongeurs de la Sûreté du Québec ont repêché le corps de Christian Sando vers 13 h mercredi, soit un peu moins de 24 heures après que la rivière du Nord l’a emporté. L’adolescent de 15 ans a été transporté à l’hôpital, où son décès a été constaté.

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L’adolescent de 15 ans qui s’est noyé dans une rivière de Saint-Jérôme mardi s’y était aventuré malgré l’interdiction formelle de sa mère quelques heures plus tôt.

« C’est terrible. On n’y croyait pas. On avait toujours espoir de le revoir vivant », confie la cousine de la victime, Angel Pipo, la voix étranglée par les sanglots.

Le corps de Christian Sando a été repêché dans la rivière du Nord mercredi après-midi par des plongeurs de la Sûreté du Québec. Des recherches avaient été entreprises par les policiers de Saint-Jérôme la veille.

<b>Christian Sando</b></br>
<i>Victime</i>
Photo courtoisie
Christian Sando
Victime

Interdiction de sa mère

L’adolescent se baignait derrière l’usine Rolland mardi en fin de journée lorsque le courant l’a soudainement emporté.

L’ami de sa mère, qui pêchait à ses côtés, a tenté de le sauver avant de se résoudre à appeler les secours, impuissant. L’homme a ensuite été transporté à l’hôpital pour un violent choc nerveux.

Selon Elysée Bilongo Mabiala, qui a accueilli la famille d’origine congolaise lors de son arrivée au Québec, il y a quatre ans, la mère du jeune homme lui avait pourtant interdit de plonger dans le cours d’eau peu avant qu’il s’y rende.

« Christian a appelé sa mère mardi pour lui demander la permission de se baigner dans la rivière, explique-t-elle. Elle lui a répondu non, qu’ils iraient plutôt à la piscine ensemble samedi. [...] Il n’était pas un très bon nageur. »

« Pas sa faute »

À l’annonce de la nouvelle, la famille de Christian Sando s’est réfugiée dans le déni. Sauf sa mère, Fifi Dedamongo, qui avait eu un pressentiment.

« Je savais que mon fils était parti, raconte-t-elle, en larmes. Je le sentais. Quand on me l’a dit, j’ai demandé à voir son corps. C’était très important pour moi. »

Même si le pêcheur qui accompagnait le garçon n’est pas parvenu à le sauver, les proches de la victime ne lui en veulent pas.

« Il nous a dit qu’il était déçu de lui-même et qu’il n’arrivait pas à imaginer que Christian était vraiment parti, raconte Angel Pipo, 24 ans. Il se sent coupable et il est vraiment traumatisé. Mais ce n’est pas sa faute. »

Solidaires, des membres de la communauté congolaise vivant à Saint-Jérôme, à Drummondville, à Longueuil, à Laval et à Montréal se relaient à la résidence de Mme Dedamongo depuis deux jours pour tenter de la consoler.

Tissée serrée

« Mardi, j’ai été auprès de Fifi jusqu’à 2 h du matin, indique Elysée Bilongo Mabiala. D’autres amis sont ensuite restés avec elle. Il était hors de question qu’on la laisse seule. »

Mme Bilongo Mabiala se rappellera longtemps la dernière fois où elle a croisé Christian Sando. Pas plus tard que dimanche dernier, l’adolescent lui sautait dans les bras alors qu’elle passait chez lui pour collecter des tomates offertes par sa mère.

« Il était tellement content de me voir, dit-elle. Il était de bonne humeur, en pleine forme. C’était vraiment un bon garçon. »

Jeornelle Pip, une autre cousine de la victime, se souviendra aussi de celui qu’elle considérait comme son frère pour « sa grande générosité et son sourire ».

Christian Sando est la deuxième personne à perdre la vie dans la rivière du Nord depuis le début de la saison estivale.

Les rivières sont souvent trompe-l’œil

La baignade dans les rivières est à éviter, sauf si le cours d’eau a été aménagé pour les nageurs et qu’il est surveillé, soutient un expert.

Dangers imprévus

« Plus souvent qu’autrement, les rivières sont trompe-l’œil. Elles paraissent calmes à la surface, mais la vitesse du courant en dessous peut être beaucoup plus rapide », explique Raynald Hawkins, directeur général de la Société de sauvetage du Québec.

<b>Raynald Hawkins</b></br>
<i>Société de sauvetage</i>
Photo Caroline Pailliez
Raynald Hawkins
Société de sauvetage

Ce type de cours d’eau comporte de nombreuses sources de danger imprévues : courants forts, eau trouble, fond irrégulier, chute et barrage, ajoute-t-il. Et comme les derniers mois ont été très pluvieux, les rivières ne sont qu’encore plus changeantes.

« Les précipitations viennent modifier le débit d’eau, la vitesse des courants, déplacer les embâcles et créer de nouveaux vortex », indique M. Hawkins.

« C’est pour ça qu’on dit : même si c’est une habitude que vous aviez de vous baigner dans une certaine rivière, si elle n’a pas été aménagée pour la baignade, vous ne devriez pas la fréquenter autrement que pour les sports nautiques. »

Redoutable

La rivière du Nord peut être particulièrement redoutable, puisque sa pente abrupte atteint jusqu’à 25 pieds (7,6 mètres) de profondeur à certains endroits, selon la police de Saint-Jérôme.

« Je sais que la rivière du Nord est très prisée, parce qu’on a aménagé des circuits et des endroits de relaxation le long de ce cours d’eau. Mais elle n’est pas aménagée pour la baignade », souligne Raynald Hawking.

Au Québec, les rivières sont responsables de 39 % des noyades. La Société de sauvetage conseille donc d’être prudent et de bien planifier ses activités.

Même lors d’une descente en canot ou en kayak, personne n’est à l’abri d’une chute dans l’eau, rappelle-t-on. Il est donc primordial de toujours porter une veste de flottaison et d’être accompagné d’un guide ou d’un ami qui connaît bien la rivière.

Communiquer son itinéraire à une personne de confiance avant de partir est également recommandé.