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Le jeu des miroirs

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Samedi, si on avait interchangé les maillots des deux équipes, on y aurait vu que du feu.

En fait, j’ai eu l’impression que l’Impact et le Orlando City SC, en plus d’être très près l’une de l’autre au classement, se ressemblaient beaucoup.

Offensivement, les deux clubs misent sur plusieurs joueurs de qualité. Quand Ignacio Piatti, Blerim Dzemaili, Cyle Larin, Dom Dwyer et Kaka foulent le terrain au même moment, on peut s’attendre à un match avec beaucoup de buts.

Mais d’un point de vue négatif, j’ai aussi vu deux équipes qui ont semblé vouloir tout faire pour se saboter. Défensivement, elles ont erré et offert des occasions trop facilement à l’adversaire.

Bref, nous avons eu droit à un match très ouvert au Stade Saputo. En ce sens, je ne crois pas que le score final de 2 à 1 reflète l’allure de la rencontre.

La suite logique

Même si le match a été serré jusqu’à la toute fin, l’Impact méritait de sortir de celui-ci avec les trois points. D’abord parce qu’il s’est créé plus d’occasions et a été plus opportuniste.

Défensivement par contre, le bleu-blanc-noir a été à peine un ou deux pour cent meilleurs que l’équipe en face. À preuve le premier but marqué par Larin qui est survenu après une cascade d’erreurs du XI montréalais. Sur l’action, Victor Cabrera joue les touristes tandis que Evan Bush y va d’une sortie mal assurée, mû par la peur.

Devant, les Lions de la Floride n’ont fait guère mieux. Je me demande encore quelle était la stratégie défensive de la troupe de Jason Kreis. Quel plan tactique a-t-on pu échafauder pour laisser Piatti seul la majeure partie de la rencontre ?

En fait, ils ont laissé l’Argentin conduire le ballon et rentrer vers l’intérieur — une force de son jeu — tout au long de la soirée. Qu’est-ce qu’ils n’avaient pas compris ?

Et que dire de la couverture défensive entre coéquipiers ? Piatti était souvent isolé en un contre un tout près de la surface de réparation. Quand tu laisses un des meilleurs joueurs de la ligue dans ce domaine manœuvrer à sa guise, tu cours à ta perte.

Le talent de Piatti sauve l’Impact

À Montréal ce n’est plus un secret pour personne : Nacho Piatti a un talent offensif hors norme et il peut à lui seul enflammer un terrain de soccer. D’après moi, il est un des cinq meilleurs joueurs offensifs de la MLS comme en fait foi sa deuxième sélection consécutive au match des étoiles.

Pour moi, Piatti a joué samedi un de ses meilleurs matchs dans l’uniforme montréalais. Contre Orlando, il était agressif, son objectif était de se diriger directement au but quand il recevait le ballon. Tout au long de la soirée, il a créé des occasions pour lui et pour ses coéquipiers.

Mais la grande différence pour moi aura été son langage corporel et son engagement sur le terrain. Son attitude en jeu était impeccable, ce que j’ai vu de mieux depuis qu’il est dans la métropole québécoise.

Mauro Biello peut le remercier parce qu’il en a eu besoin dans ce match crucial face à un adversaire direct. Parce qu’en deuxième mi-temps, Dzemaili s’est fait plus anonyme et Matteo Mancosu a continué à s’embourber dans une séquence difficile. Je pourrais aussi ajouter l’évidence que Dominic Oduro n’est plus l’ombre de lui-même depuis un long moment déjà.

En somme, samedi Piatti c’était les feintes et les crochets magiques, certes, mais c’était tout ça et un peu plus.