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«Porgy and Bess» à l’esplanade du Stade olympique: l’OSM salue les migrants

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MONTRÉAL – Bien qu’il s’agissait d’un pur hasard que l’OSM offre jeudi l’opéra «Porgy and Bess» sur l’Esplanade devant le Stade olympique – là où des centaines de migrants en provenance des États-Unis ont trouvé refuge –, le mot de bienvenue qui leur a été adressé, en revanche, n’était pas fortuit.

«Prenons le temps de saluer les migrants qui ont trouvé refuge ici, bienvenus à tous», a dit le maître de cérémonie, André Robitaille, suscitant aussitôt les applaudissements des 30 000 amateurs et mélomanes venus assister gratuitement au rassemblement en plein air.

Après une vingtaine de minutes de retard en raison d’ennuis techniques, maestro Kent Nagano, qui cèdera sa place à la tête de son orchestre en 2020, a pu prendre position pour lancer le concert inaugural de la 6e Virée classique OSM, auquel assistaient la ministre du Patrimoine canadien Mélanie Joly, le maire Denis Coderre et, pour une seconde année consécutive, l’architecte du Stade olympique, le Français Roger Taillibert.

Une distribution noire

Depuis un bon moment, maestro Nagano avait à cœur de présenter l’unique opéra du New-yorkais George Gershwin selon les volontés de ce dernier, c’est-à-dire avec une distribution entièrement noire. Ainsi, la soprano Marie-Josée Lord – qui s’est déjà produite dans l’œuvre lyrique présentée par l’Opéra de Montréal en 2014 – a endossé le rôle de Bess, dont est épris le mendiant handicapé Porgy (le basse américain Will Liverman), alors que le ténor Gardy Fury a enfilé les habits de Sportin’Life, un revendeur de drogue qui voit en la jeune femme une occasion d’affaires en la soumettant à la prostitution.

L’offrande, où s’enchevêtrent les genres populaire, classique et jazz, a été livrée dans un format de 70 minutes, plutôt que dans les quatre heures initialement allouées. Ce qui, justement, a permis de faire la part belle à «Summertime» et autres pièces anthologiques.

Plein feu sur la diversité

Raconté par André Robitaille, le drame, qui se déroule dans les années 1920 – dans le ghetto fictif de Catfish Row à Charleston, en Caroline du Sud –, avait déjà suscité la controverse par le passé, en raison de sa mise en scène stéréotypée et des thématiques aux abords racistes (esclavage, pauvreté, drogues), déplorait-on. Mais ici, il a plutôt été l’occasion de célébrer la diversité.

D’ailleurs, avant la représentation, on a rendu hommage à 16 personnalités noires qui ont marqué l’histoire du pays, leur visage défilant sur l’écran géant disposé à la droite de la scène. Parmi elles, on a vu la juge à la Cour du Québec Juanita Westmoreland-Traoré, Viola Desmond qui, dans un cinéma en 1946 et à la manière de Rosa Parks, s’est assise dans la section réservée aux Blancs, et, bien sûr, l’incontournable pianiste jazz de renommée internationale, Oscar Peterson.