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Shapovalov: une étoile est née!

Shapovalov: une étoile est née!
Photo Pierre-Paul Poulin

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Jamais un joueur de tennis canadien ne m'a fait «triper» comme le jeune Denis Shapovalov l'a fait jeudi soir en battant, contre toute attente, le grand Rafael Nadal.

J'étais sur place en 2000 à Sydney, en Australie, lorsque Sébastien Lareau et Daniel Nestor ont remporté le tournoi olympique en double. C'était magique.

Mais ils étaient deux joueurs aguerris, ce qui n'est pas le cas de Shapovalov, qui n'a que 18 ans.

Les amateurs qui remplissaient les gradins du court central du stade Uniprix et qui ont assisté à son triomphe contre Nadal ne le réalisent peut-être pas mais ce même Shapovalov a été battu par son compatriote Peter Polansky en demi-finale du tournoi Challenger de Granby il y a à peine deux semaines. C'est bien pour dire...

Au début du tournoi de la Coupe Rogers, le nom de Shapovalov était très peu connu de la majorité des amateurs de tennis au Québec.

Il avait surtout fait parler de lui pour avoir été disqualifé lors d'un tournoi de la Coupe Davis en février, soit après avoir frappé une balle sur la tête de l'arbitre dans un geste de colère.

Maintenant, tout le monde le connaît pour les bonnes raisons, soit en raison de son talent.

C'est un spectacle fabuleux que Shapovalov (143e joueur mondial) et Nadal (2e) ont offert aux spectateurs par cette belle soirée d'été au stade Uniprix.

Ce fut un duel épique durant deux heures et 45 minutes, dont un troisième jeu dans la manche finale qui a duré 14 minutes et 30 secondes!

Vraisemblement, une étoile est née et si Shapovalov ne connaît pas de baisse d'intensité lors de son prochain match contre Adrian Mannarino, on le retrouvera en demi-finale samedi.

C'est presque trop beau pour être vrai. Personne n'accordait la moindre chance à Shapovalov de battre Nadal, surtout après que ce dernier eut remporté la première manche par le score de 6-3.

C'était David contre Goliath. C'est tout un exploit que Shapovalov vient de réaliser, surtout qu'il a barré la route à Nadal qui aurait pu se retrouver au premier rang du classement mondial à la fin de la semaine.

Il s'agit non seulement de l'une des plus belles pages de l'histoire du tennis au Canada mais aussi de tous sports confondus. Il est devenu le plus jeune joueur à avoir atteint les quarts de finale d'un tournoi du circuit Masters 1000.

Shapovalov n'a jamais paru intimidé par le fait d'affronter son idole. Il a des nerfs d'acier, ce jeune homme.

On croyait qu'il allait craquer sous la pression lors du bris d'égalité à la fin mais ce fut tout le contraire. C'est Nadal qui a fini par flancher.

Shapovalov a claqué neuf as. Ses coups étaient puissants et c'est lui qui dictait le jeu, qui était l'agresseur.

Je me réjouis pour les dirigeants de Tennis Canada et pour Martin Laurendeau, l'entraîneur attitré de Shapovalov depuis quelques mois.

Il fait de l'excellent boulot dans l'ombre, ce vétéran entraîneur. Il avait bien raison de nous dire, lors du dernier tournoi à Wimbledon, que Shapovalov avait le potentiel pour réaliser de très belles choses s'il pouvait améliorer certains aspects de son jeu.

«Il est en pleine ascension. Il a le vent dans les voiles, a commenté Laurendeau sur les ondes de TVA Sports après le triomphe de son protégé jeudi soir. Il est très sérieux, très déterminé. Mais il reste beaucoup de travail à faire.»

Réjean Genois, président de Tennis Québec, est d'avis que Shapovalov peut atteindre un jour le top 10. Tout est possible avec un tel talent et des nerfs aussi solides.

Et n'oublions pas que Félix Auger-Aliassime est tout aussi talentueux que Shapovalov. Le jeune Québécois doit être très frustré d'être tenu à l'écart du jeu cette semaine en raison d'une blessure...