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Homme abattu à Saint-Georges de Beauce: incompréhension chez les proches

La SQ a abattu le jeune homme jeudi soir.
Photo Steve Poulin, Agence QMI La SQ a abattu le jeune homme jeudi soir.

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Au lendemain de la mort de Guillaume Bolduc, abattu par un policier de la Sûreté du Québec (SQ) à Saint-Georges de Beauce, jeudi, l’incompréhension régnait parmi sa famille et ses collègues qui s’expliquent mal comment il a pu se retrouver dans une situation aussi périlleuse.

« Ce n’était pas quelqu’un à problème, je ne sais pas ce qui s’est passé. On attend comme tout le monde d’avoir des explications », a confié au Journal la mère de la victime, Sylvie Grenier. Elle n’arrive pas à expliquer ce qui a bien pu arriver à son fils, « un gars qui ne faisait pas de trouble à personne » selon ses dires.

Guillaume Bolduc s’est retrouvé au milieu de la voie publique près d’une station d’essence du boulevard Lacroix, jeudi vers 19 h, et il semblait en crise, ont rapporté plusieurs témoins.

L’incident a débuté près de la station-service Canadian Tire du boulevard Lacroix, où Bolduc est un client régulier. Il y aurait acheté des cigarettes sans troubler l’ordre.
Photo Dominique Lelièvre
L’incident a débuté près de la station-service Canadian Tire du boulevard Lacroix, où Bolduc est un client régulier. Il y aurait acheté des cigarettes sans troubler l’ordre.

Puis, il aurait paniqué lors de l’intervention des policiers de la SQ, qui auraient accidentellement actionné leurs gyrophares selon le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) chargé de l’enquête. Bolduc a blessé un policier à l’arme blanche, qui a répliqué en se servant de son arme de service.

Détresse psychologique ?

Un trouble psychologique pourrait-il expliquer ce comportement ? La mère de l’individu peine à y croire. « C’est quelqu’un qui était en parfaite santé. Je vous le dis, un petit gars travaillant, joyeux, qui profitait de la vie et de la nature », a mentionné Mme Grenier, ajoutant qu’elle espérait avoir des réponses rapidement.

« C’était une personne qui avait une grande souffrance intérieure et qui avait besoin d’aide », a cependant reconnu Nicole Jacques, directrice générale de Moisson Beauce, où Bolduc aurait par moment utilisé les services de dépannage alimentaire.

Guillaume Bolduc travaillait depuis environ 10 ans au resto-bar du Grand Hôtel de Saint-Georges.
Photo Dominique Lelièvre
Guillaume Bolduc travaillait depuis environ 10 ans au resto-bar du Grand Hôtel de Saint-Georges.

Un bon employé

La consternation était aussi grande sur son ancien lieu de travail. « C’est l’incompréhension totale, c’est inimaginable. Quand on m’a dit que quelqu’un était mort, jamais de la vie je n’aurais pu imaginer que c’était ce gars-là », s’est désolé Daniel Fortin, le directeur du Grand Hôtel de Saint-Georges où Guillaume Bolduc travaillait depuis environ 10 ans.

Le patron est difficilement consolable, tout comme plusieurs de ses employés. Le jour même de sa mort, Bolduc avait complété son quart de travail sans rien laisser paraître de suspect, affirme M. Fortin. « Il me parlait de ses vacances qui débutaient la semaine prochaine. Il avait hâte, il me disait qu’il irait camper », relate-t-il, en parlant d’un homme agréable qui ne montrait aucun signe d’agressivité.

Bolduc, qui vivait toujours dans la maison familiale de Saint-Martin de Beauce, avait déjà fait face à la justice pour des délits mineurs par le passé. En 2014, il avait été reconnu coupable de conduite avec les facultés affaiblies à deux reprises, en plus d’être arrêté pour possession de drogue.

Le BEI a confié à huit de ses enquêteurs la tâche de faire la lumière sur ce drame. Ils ont rencontré leurs premiers témoins, hier. À l’issue de ce travail, un rapport sera déposé au Directeur des poursuites criminelles et pénales qui décidera s’il y a lieu de porter des accusations contre les policiers impliqués.

— Avec la collaboration de Pierre-Paul Biron

Violence à Saint-Georges - Le maire est préoccupé

Jean-François Racine Le Journal de Québec

Le maire de Saint-Georges de Beauce est préoccupé par une série d’incidents violents dans sa région même s’il n’arrive pas à établir de liens entre eux.

Problèmes de santé mentale plus nombreux ou consommation de drogues en augmentation, Claude Morin se dit incapable de fournir une explication précise.

Depuis 2014, Saint-Georges a connu quelques crimes majeurs qui commencent à inquiéter une partie de la population.

« Ce sont tous des cas différents, mais c’est sûr que ça se parle. J’en ai discuté avec mon entourage pour voir s’il y a des choses à corriger », affirme le maire Morin.

Santé mentale

Le 7 novembre 2014, Jean-François Roy a tué le chauffeur de taxi Hygin Veilleux, un meurtre pour lequel il a été condamné à la prison à vie en juin dernier. La thèse de la non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux a été rejetée, mais la défense a tenté de dire que l’accusé était « déconnecté ».

Le 20 mars 2017, un homme de 52 ans est mort devant sa conjointe après avoir été happé sur la 127e Rue par un chauffard qui a pris la fuite. L’accusé, Michel Bélanger-Morin, aurait des problèmes de santé mentale selon ce qu’a raconté son père au Journal.

Le mois dernier, un homme a aussi foncé à deux reprises avec une voiture volée dans le restaurant Burger King provoquant un incendie majeur. Le fugitif n’a pas été retrouvé.

Le pompier Anthony Cliche, qui s’est évadé plus d’une fois de l’hôpital de Saint-Georges, s’ajoute à cette liste de plus en plus longue avec la mort violente de Guillaume Bolduc jeudi soir.

Moments difficiles

Sans jouer à l’autruche, le maire sait que les stupéfiants circulent beaucoup.

« On est conscient qu’il y a beaucoup de drogues à Saint-Georges. On fait des descentes régulièrement, mais peut-être pas plus qu’ailleurs », ajoute-t-il.

Dans un milieu où bien des gens se connaissent, Claude Morin songe au travail difficile du policier blessé par arme blanche. Il ignore si ce dernier pourra reprendre le travail rapidement, mais cette intervention risque de le hanter longtemps.

« Toutes mes pensées positives vont vers lui. Ça doit être dur. »