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Un policier réintégré

Il faisait des courses sur ses heures de travail

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Un sergent-détective de la Rive-Sud qui avait été destitué pour avoir magasiné et visité de la famille pendant son quart de travail a finalement été réintégré après qu’un arbitre eut jugé la sanction excessive.

Bertrand Déry pourra donc continuer d’exercer ses fonctions à la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent (RIPRSL). L’arbitre André Bergeron a cependant refusé le 21 juillet dernier de lui accorder les 25 000 $ qu’il réclamait à titre de dommages moraux.

Destitué le 23 mars 2011, Bertrand Déry avait été piégé par les données GPS de son cellulaire professionnel et par le résultat de filatures effectuées par une société privée à la demande de ses supérieurs.

Ces derniers, qui le soupçonnaient depuis des années de « voler du temps », avaient ainsi pu prouver que le sergent-détective Déry profitait de la grande autonomie que lui conférait son titre pour s’absenter régulièrement pendant son travail.

Magasinage

En plus d’étirer ses pauses repas et de partir plus tôt que l’heure prévue, Bertrand Déry n’hésitait pas à faire des courses pendant qu’il était au boulot.

Le 5 janvier 2011, le sergent-détective dont le bureau était à Belœil s’était ainsi rendu au Costco de Boucherville.

Les données GPS et les filatures ont aussi montré que Bertrand Déry avait visité à plusieurs reprises son fils et qu’il était repassé parfois plusieurs heures à son domicile, toujours sur son quart de travail.

Le corps de police estime que le sergent-détective aurait « volé » environ 150 heures de travail, ce qui représenterait un peu plus de 6000 $.

Discrimination

Malgré cela, l’arbitre André Bergeron, désigné pour étudier la requête de la Fraternité des policiers de Richelieu-Saint-Laurent, avait décidé l’été dernier d’annuler le renvoi de Bertrand Déry et de le remplacer par une suspension de quatre mois sans solde.

Il avait expliqué que la destitution soudaine de M. Déry ne respectait pas le principe de la progressivité des sanctions puisque ses supérieurs avaient toléré son comportement pendant plusieurs années sans lui reprocher quoi que ce soit.

L’arbitre avait aussi estimé que cette destitution pouvait être perçue comme discriminatoire puisque la RIPRSL avait pris une sanction beaucoup moins sévère en 2008 dans une affaire semblable.

La RIPRSL avait alors indiqué qu’elle se tournerait vers la Cour supérieure pour faire annuler cette décision.