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Demandeurs d’asile: Couillard fait la leçon à Legault

Demandeurs d’asile: Couillard fait la leçon à Legault
Marc-André Gagnon

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LENNOXVILLE | S’il fallait aller au bout de la logique de François Legault, il faudrait «faire construire un mur» à la frontière canado-américaine afin d’y refouler les demandeurs d’asile, croit le premier ministre Philippe Couillard.

Après avoir fait le point sur la situation tard vendredi soir en publiant sur sa page Facebook – une expérience qu’il entend répéter plus souvent –, M. Couillard s’en est pris directement au chef de la Coalition avenir Québec samedi matin, en marge du 35e Congrès-Jeunes de sa formation politique, qui débutait à Lennoxville.

«Si on va au bout de sa logique [...] on va faire un mur! N’est-ce pas, M. Legault? Puis on va le faire payer par Haïti, pourquoi pas! À un moment donné, il faut rester calme. Il faut exercer son sens des responsabilités», a dit le premier ministre.

Le chef libéral en veut notamment à M. Legault d’avoir comparé la frontière entre le Québec et les États-Unis à une «passoire», ce qui «est faux», a signalé M. Couillard, puisque, règle générale, pratiquement un réfugié politique sur deux voit sa demande d’asile refusée.

Même s'il croit maintenant nécessaire de rectifier le message envoyé à ceux qui franchissent illégalement la frontière, «personne ne peut empêcher qui que ce soit de traverser», a déclaré M. Couillard.

M. Couillard s’est toutefois abstenu de lancer la pierre au premier ministre Justin Trudeau ou au maire de Montréal, Denis Coderre, qui, ces derniers jours, ont multiplié les signes d’ouverture et d’accueil à l'endroit des réfugiés politiques haïtiens.

«Je suis persuadé que M. Trudeau aussi tient à l’application rigoureuse de la règle de droit», a dit M. Couillard.

«Parler des étrangers»

Sans épargner l’opposition péquiste de Jean-François Lisée, le chef libéral libéral a également reproché à M. Legault «de faire appel à la crainte des gens».

Il accuse les partis d’opposition de «parler des étrangers» pour éviter d’avoir à discuter du bilan de son gouvernement en matière de finances publiques, d’économie et d’emploi, qu’il juge positif.

À son tour, le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, a assuré qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter à propos des dépenses engendrées par l’arrivée massive de demandeurs d’asile à la frontière.

«Aux contribuables qui s’inquiètent des coûts, je dois dire que le Québec assume des coûts inhérents à une situation humanitaire de logement temporaire, mais que ces coûts-là, d’aucune façon, ne risquent d’occasionner une charge que le Québec n’est pas en mesure d’assumer.»

Mépris

L’entourage de François Legault n’a pas tardé à réagir aux attaques du chef libéral. «Philippe Couillard joue encore une fois au donneur de leçons. Les libéraux doivent cesser de mépriser ceux qui considèrent que le gouvernement devrait dissuader les migrants de passer illégalement la frontière», a déclaré le directeur des relations avec les médias de la CAQ, Guillaume Simard-Leduc.

Ce dernier a aussi précisé qu’il n’a jamais été question, pour M. Legault, de refouler les migrants à la frontière.

«Le seul mur qui existe, c'est le mur entre un premier ministre et les préoccupations légitimes de sa population», a ajouté M. Simard-Leduc.