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Lisée, langue, l’exclusion

Lisée, langue, l’exclusion
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Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée veut exiger que 100 % des nouveaux immigrants parlent au moins un français intermédiaire avant d’être admis dans « la belle province ».

Bien que je partage l’objectif de protéger la langue française, je suis d’avis que Lisée ne choisit pas la bonne cible.

D’où viendrait principalement cette immigration ?

Tout d’abord, les pays de la francophonie où le français est la langue officielle ou l’une d’elles. Pensons à la France, la Belgique et la Suisse, jusque-là tout baigne. C’est après que ça se complique. Le Bénin, le Congo, le Mali, Haïti, le Sénégal, le Togo, la Côte d’Ivoire et j’en passe.

Je n’ai absolument rien contre l’immigration africaine et les personnes qui vivent au Québec provenant de ces pays sont aimables, sans histoire et contribuent socialement, professionnellement et culturellement à notre société. Cependant, aucun de ces pays ne figure parmi les 90 meilleures économies du monde (la Côte d’Ivoire étant 92e). Sur le plan de la formation académique, aucune institution de ces pays n’est au top 500 des meilleures universités sur la planète.

D’autres critères ?

Certes, le français est important et représente l’un des critères de sélection, mais ce n’est pas le seul. Outre la langue, le Québec doit impérativement favoriser l’immigration économique. Nous avons cruellement besoin d’investisseurs désireux de venir créer des emplois ici. Imaginez un américain qui voudrait s’établir au Québec avec quelques millions en poche et qu’on déciderait de le refuser parce que monsieur ne parle pas adéquatement le français.

Aussi, avec le vieillissement de la population, nous vivons déjà des pénuries de mains d’œuvre dans des secteurs d’activités clés. Imaginez que l’on refuse une Britannique, un Allemand, un Japonais ayant des compétences en ingénierie, en médecine ou encore en recherche appliquée parce que madame ne parle pas adéquatement le français.

Alors quoi ?

La vraie cible devrait être la francisation rapide et obligatoire des nouveaux arrivants ainsi que la réduction du nombre que nous acceptons. Nous accueillons trop de personnes pour notre capacité à bien les intégrer. Contrairement à ce que dit M. Lisée, le français n’est pas une langue facile à apprendre. La diversité de notre vocabulaire et nos temps de verbe font du français une langue riche, mais complexe.

S’exclure soi-même

Nous connaissons tous des personnes qui nous viennent d’Italie, du Viêt Nam, de la Grèce et de la Colombie. Ceux que vous connaissez ont appris, pour la plupart, le français. Ils sont vos collègues de travail aujourd’hui. Nous devons choisir nos immigrants selon bien des critères et la langue française en fait partie. Jean-François Lisée, avec sa proposition, veut créer un mur artificiel autour du Québec, celui de l’exclusion économique.