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Louise Penny – Un outrage mortel: Gamache, commandant de l’école de police

Louise Penny – Un outrage mortel: Gamache, commandant de l’école de police
Photo courtoisie Sigrid Estrada

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Armand Gamache, l’héroïque enquêteur imaginé par Louise Penny pour sa série best-seller, a les cheveux qui blanchissent et le visage qui commence à rider. Mais il est toujours très alerte et reprend du service, cette fois à titre de commandant de l’école de police de la Sûreté, dans le 12e tome de la série, Un outrage mortel.

Gamache, quittant sa retraite de Three Pines, reprend du service, à titre de commandant de l’école de police de la Sûreté. Pour fêter cette occasion spéciale, Olivier lui offre une carte centenaire découverte dans les murs de la salle à manger du bistro du village. Il n’en fallait pas plus pour mettre l’ancien enquêteur sur la piste d’un passé qu’il aurait préféré enterrer.

Au même moment, quatre étudiants de l’école de police entrent en scène. Leur professeur a été assassiné et dans un de ses tiroirs, Gamache a découvert une copie de la fameuse carte. Qu’est-ce qui se cache derrière cette coïncidence?

Louise Penny, une romancière extrêmement talentueuse et d’une grande humanité, s’est intéressée à un Gamache vieillissant et aux amitiés de jeunesse en écrivant ce 12e tome de la série.

«Différent décor»

«C’est toujours intéressant de placer Gamache dans un différent décor et dans un différent rôle. Cette fois, il est le commandant de l’école de la Sûreté. À travers le livre, je le décris souvent. Si vous l’aviez rencontré à une soirée ou un cocktail, vous n’auriez pas deviné qu’il est un des hauts gradés de la Sûreté du Québec, pas même quelqu’un qui travaille dans les forces policières ou militaires. Vous l’auriez probablement pris pour un professeur d’histoire à l’université, ou quelque chose du genre», explique Louise Penny, en entrevue de son appartement de Londres, où elle a passé quelques semaines, cet été.

«Je me disais que, maintenant qu’il était retraité, ce serait intéressant de le transformer en professeur, et de le placer à la tête de l’Académie. Il a ce rôle de mentor dans toute la série, donc pourquoi ne pas le placer commandant de l’école de police, à superviser 300 cadets?»

Par contre, il s’y passe quelque chose de très dérangeant. «Ce qu’il découvre est tellement vil, que même lui est choqué. C’était intéressant pour moi de le placer dans cette ambiance.»

«Gamache a à peu près mon âge. Lorsque des événements tragiques surviennent, on est à la croisée des chemins : soit on devient amer, soit on développe de la compassion. Plus Gamache est blessé, plus il a de compassion et de bonté, parce qu’il sait très bien ce qu’on peut ressentir quand on a une blessure profonde. Il le sait et ne voudrait pas que quelqu’un d’autre ait à subir la même chose.»

La jeunesse

Louise Penny ajoute que dans ce livre, Gamache est entouré de jeunes. «Au début, il va en Gaspésie pour rapatrier un ami d’enfance, qu’il a connu quand il avait l’âge de ses étudiants. Ce fil conducteur réapparaît dans tout le livre : qui sont nos amis d’enfance et comment ces liens teintent toutes nos relations, à l’âge adulte.»

L’école de police qu’elle décrit n’a rien à voir avec une école de police qui existe réellement. «Je ne voulais pas faire un documentaire sur ce sujet, mais m’en servir pour un ouvrage de fiction. Donc je ne sais pas combien de temps dure l’entraînement, ce qu’on enseigne et comment on l’enseigne. Dans le livre, ce n’est pas l’école de police de Nicolet, c’est mon académie de police à moi.»

» Louise Penny a remporté six fois le prestigieux prix Agatha.

» La série Armand Gamache enquête est publiée dans 25 langues et figure toujours en tête des meilleures ventes aux États-Unis et au Canada.

» Déjà membre de l’Ordre du Canada, elle a eu l’honneur d’être décorée de l’ordre national du Québec le 22 juin 2017.

EXTRAIT

«Les rides de son visage indiquaient la longitude et la latitude de sa vie.

Les jeunes femmes et les jeunes hommes verraient aussi une profonde cicatrice sur sa tempe. Preuve qu’il avait failli mourir. Les plus doués d’entre eux distingueraient non seulement la blessure, mais aussi la guérison. Et ils découvriraient, au-delà de la cicatrice, au-delà de la souffrance et même du bonheur, quelque chose d’inattendu.

La bonté.

Et peut-être, lorsqu’ils seraient pareillement cartographiés, la bonté se lirait-elle sur leurs visages à eux aussi.»

— Louise Penny, ww